Luanda — Le premier vice-président de l'Assemblée nationale (AN), Américo Cuononoca, a plaidé lundi pour une refonte urgente de la diplomatie angolaise, afin de la moderniser, de la rendre plus proactive et axée sur des résultats concrets, en mettant l'accent sur l'attraction des investissements étrangers et le renforcement de la présence économique du pays sur la scène internationale.
S'exprimant lors de l'ouverture de la Conférence sur les défis de l'Angola en matière de diplomatie économique mondiale, le parlementaire a souligné que le pays a besoin d'une diplomatie capable d'ouvrir des marchés aux produits angolais, de promouvoir les exportations, de dynamiser le tourisme, d'attirer les technologies et l'innovation, ainsi que de stimuler la coopération académique et scientifique et de créer des opportunités pour les jeunes entrepreneurs.
Selon Américo Cuononoca, la concurrence internationale pour les investissements est actuellement très intense, les pays africains, asiatiques et latino-américains rivalisant quotidiennement pour capter l'attention des investisseurs internationaux.
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Dans ce contexte, il a estimé que les thèmes débattus lors de la conférence pourraient servir de base à l'analyse et à l'élaboration de stratégies visant à consolider la crédibilité internationale de l'Angola et à renforcer les capacités institutionnelles du pays afin de répondre aux exigences de l'économie mondiale.
Il a souligné, à cette occasion, que les investisseurs recherchent la stabilité politique, la sécurité juridique, la transparence, l'efficacité administrative et la prévisibilité économique, faisant valoir que le renforcement de l'État de droit, la lutte contre la corruption, la simplification des procédures administratives et la modernisation des institutions publiques devaient demeurer parmi les priorités absolues du gouvernement.
« La confiance est aujourd'hui l'un des atouts les plus précieux des économies modernes. Les pays qui inspirent confiance attirent les investissements, créent des emplois, stimulent l'innovation et accélèrent le développement social », a-t-il déclaré.
Américo Cuononoca a également salué les progrès accomplis par l'Angola ces dernières années dans le renforcement de ses relations stratégiques avec divers partenaires internationaux, notamment l'Union africaine, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et les Nations Unies (ONU), ainsi qu'avec ses partenaires bilatéraux en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et dans les Amériques.
En marge de la conférence, le président de l'Agence angolaise pour la promotion des investissements privés et des exportations (AIPEX), Arlindo Rangel, a reconnu, lors d'une déclaration à la presse, que le financement demeure l'un des principaux défis pour le secteur des entreprises, reconnaissant toutefois qu'il s'agit d'une réalité mondiale marquée par la rareté des ressources.
Selon lui, bien que des lignes de financement existent, les ressources restent insuffisantes pour répondre aux besoins et aux attentes des entrepreneurs nationaux.
Il a néanmoins estimé que l'Exécutif met en oeuvre des politiques publiques de soutien à l'investissement privé, notamment par le biais de programmes tels que PRODESI et l'AIPEX elle-même.
Arlindo Rangel a également évoqué les difficultés liées à la délivrance des visas de travail et d'investisseur, pointant du doigt certains retards dans les procédures administratives.
Il a cependant indiqué que des contacts sont en cours avec le Service de l'immigration et des étrangers (SME) et le ministère de l'Intérieur afin d'améliorer le traitement des demandes.
« Les financements sont disponibles, mais pas à la hauteur des attentes des entrepreneurs. Les ressources sont rares, et c'est une réalité mondiale », a-t-il indiqué.
Le président de la Chambre de commerce et d'industrie angolaise, Vicente Soares, a quant à lui défendu la nécessité d'un cadre juridique plus clair concernant le rôle des associations professionnelles et des chambres de commerce dans le pays.
Il a expliqué qu'il existe actuellement une certaine confusion entre les fonctions des associations sectorielles et celles des chambres de commerce, soulignant que ces dernières sont transversales et représentent des entreprises de différents secteurs d'activité.
Vicente Soares a également rappelé que la Chambre nationale de commerce représente le secteur privé et les employeurs dans le cadre du dialogue tripartite entre l'État, les employeurs et les travailleurs.
« Le Parlement pourrait, à l'avenir, envisager une loi qui contribue à clarifier le rôle des associations et des chambres de commerce », a-t-il estimé.
Parallèlement, le chef du département multilatéral de la Direction de la coopération internationale du ministère des Relations Extérieures, Hélio Marques dos Santos, a mis en avant les efforts déployés par l'Exécutif pour promouvoir la diplomatie économique et commerciale angolaise.
Il a affirmé que l'institution coordonne ses stratégies avec divers ministères, notamment le ministère du Commerce, l'AIPEX et les chambres de commerce, afin de promouvoir les produits et les entreprises nationales à l'international.
Hélio Marques dos Santos a rappelé les directives du Président de la République, enjoignant les ambassades, les missions diplomatiques et les consulats à intensifier la promotion de l'Angola auprès des investisseurs étrangers.
« L'objectif est d'utiliser tous les moyens dont disposent nos missions diplomatiques pour attirer les investissements souhaités en Angola », a-t-il affirmé.
En conclusion, le diplomate a toutefois reconnu que la consolidation de la diplomatie économique dépend également du renforcement du financement et de la restructuration des représentations diplomatiques angolaises à l'étranger, un processus déjà en cours, selon lui.
L'événement a abordé des thèmes tels que « L'insertion dans les systèmes commerciaux multilatéraux », « L'attraction des investissements directs étrangers », « La diversification économique et la diplomatie commerciale », entre autres.
LDN/SC/SB