Ile Maurice: Reza Uteem présente ses excuses après ses propos sur «disan kolon»

Le ministre du Travail, Reza Uteem, a présenté ses excuses hier en soirée sur sa page Facebook après la vive polémique provoquée par des propos tenus la veille à l'Assemblée nationale. Au coeur de la controverse : l'utilisation du mot «kolon» lors d'un échange particulièrement tendu avec la députée de l'opposition, Joanna Bérenger.

Cette séquence houleuse s'est déroulée le mardi 26 mai au Parlement, dans un climat déjà électrique. La tension est montée d'un cran lorsque Joanna Bérenger a adressé une question supplémentaire au ministre concernant une affaire impliquant une employée bangladaise. La parlementaire a laissé entendre qu'une «employée était maintenue illégalement», provoquant une réaction immédiate et virulente du ministre.

Visiblement remonté, Reza Uteem s'est alors emporté dans l'hémicycle : «On strong objection, I want this lady to withdraw whatever she just said. She said that this worker was cut off and prevented from going out. That's an absolute lie and it's extremely, extremely shameful coming from a girl who used to be an MMM member to talk like this on my mother. Shame! Shame! Mo pena disan kolon dan mo disan.» Dans la foulée, plusieurs parlementaires ont repris en choeur «shame», accentuant davantage la tension au sein de l'Assemblée. Joanna Bérenger a immédiatement répliqué : «Mwasi mo pena disan kolon.»

Face à l'escalade verbale, le ministre du Logement, Shakeel Mohamed, est intervenu sur un point d'ordre en rappelant les Standing Orders de l'Assemblée nationale. Finalement, les deux protagonistes ont accepté de retirer leurs propos respectifs, tandis que la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a rendu sa décision : aucune sanction formelle. Mais la polémique ne s'est pas arrêtée aux murs du Parlement. Très rapidement, les propos du ministre ont suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans l'opinion publique. Plusieurs internautes et observateurs ont dénoncé l'utilisation du terme «kolon», jugé blessant et inapproprié dans le contexte parlementaire.

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Confronté à cette levée de boucliers, Reza Uteem a choisi de s'exprimer publiquement hier soir à travers un message publié sur Facebook. Dans cette déclaration, il a reconnu avoir dépassé les limites. «Two wrongs don't make a right! However despicable Joanna Bérenger may have been when she attacked my mother in Parliament falsely accusing her of sequestrating her employee, I should not have used the term 'colon' and I sincerely regret having used that term», a écrit le ministre. Il a également ajouté : «Les mots ont dépassé ma pensée.» Il a présenté ses excuses : «If my using the term 'colon' has hurt or offended anyone then I apologise to the ones that I may have hurt.»

Contactée après cette publication, Joanna Bérenger estime que ces regrets sont intervenus après «la déception et la colère de tout un peuple», choqué par les événements survenus au Parlement mardi. «Aster la ki minis Uteem finn kalme li, mo espere ki nou pou kapav revinn lor size pli inportan dan tousala : enn fam travayer etranze ki porte mankant e ki probableman an danze», a-t-elle déclaré.

Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle avait affirmé que cette travailleuse étrangère pourrait être en danger, la députée a notamment évoqué la récompense de Rs 100 000 offerte pour la retrouver. «Kifer mo pe dir li probableman an danze parski ena enn rekonpans Rs 100 000 ki finn mete lor so latet pou retrouv li. Ena risk kikenn agres li pou gagn sa rekonpans-la. High Commission Bangladesh inn tir enn avis de recherche zis pou li. So foto pe sirkile partou lor rezo depi High Commission inn fer sa. Kifer pe ariv tousala ?»

Alors que les excuses du ministre semblent avoir permis d'apaiser partiellement la controverse, cette affaire continue néanmoins de susciter un vif débat sur le ton employé au Parlement ainsi que sur la situation de cette employée étrangère au centre des accusations.

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