Congo-Brazzaville: Patrimoine - Denis Sassou N'Guesso inaugure le Musée national du pays

Le Congo a officiellement ouvert, le 25 mai, les portes de son Musée national qui est désormais érigé comme l'un des symboles de la renaissance culturelle du pays. L'inauguration du nouvel édifice situé au coeur des logements modernes de M'pila, à Brazzaville, a été présidée par le chef de l'État, Denis Sassou N'Guesso, en présence de son homologue gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema; du président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah; et de quelques membres du gouvernement congolais.

Après la coupure du ruban symbolique, le président Denis Sassou N'Guesso a effectué une visite guidée des différents espaces du Musée. Plus qu'un simple lieu d'exposition, le nouveau Musée national se présente aujourd'hui comme un carrefour entre mémoire, patrimoine et expression artistique contemporaine.

Le bâtiment, conçu selon des normes modernes, comprend plusieurs espaces d'exposition modulables, des salles de spectacles, un auditorium de 252 places ainsi qu'un café destinés à accueillir les visiteurs, les rencontres et les activités artistiques.

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Dès l'entrée, le visiteur est plongé dans l'univers des traditions congolaises. Les collections mettent en lumière divers instruments emblématiques du patrimoine musical national, parmi lesquels le Moukounki, le Gonga, le Kiébé-Kiébé, le tambour Nzobi, le Mokoto ou encore le Ndanda. À travers ces objets, le Musée retrace une partie de l'histoire culturelle des communautés congolaises et de leurs pratiques rituelles et festives.

L'une des figures marquantes du parcours reste Ma Ngala, représentée comme l'incarnation des danses et rythmes du Congo profond. Sa présence illustre la richesse chorégraphique du pays et le lien étroit entre musique, spiritualité et vie quotidienne.

Le Musée accorde également une large ouverture au patrimoine africain. Une salle dédiée rassemble plusieurs instruments traditionnels venus d'autres pays du continent, offrant un voyage à travers les sonorités et les héritages culturels africains. Du rez-de-chaussée jusqu'au deuxième étage, des portraits photographiques de grandes figures de la musique africaine viennent compléter cette immersion culturelle.

Au terme de la visite, le chef de l'État a notamment suivi une prestation de danse par une troupe locale, avant d'assister aux animations musicales assurées par Les Bantous de la capitale, dont les sonorités ont accompagné cette célébration placée sous le signe de la mémoire et de la transmission.

Renaissance du musée national : entre histoire, valeur traditionnelle et symbole culturel

Dans le cadre des Assemblées annuelles de la BAD, le ministre de la Culture, des Arts, du Patrimoine national et de l'Industrie touristique, Jean-Claude Gakosso, rappelait, peu avant l'inauguration du Musée, la portée historique et symbolique de cette réhabilitation.

Qualifiant le Musée de « mémoire vivante » et de « sanctuaire du récit de notre cheminement dans l'histoire », il a souligné que cette institution, fondée en 1965, avait progressivement sombré dans la dégradation durant les années 1990 avant d'être lourdement affectée par les événements de 1997 et le pillage massif de ses collections.

Selon lui, cette renaissance traduit la volonté du Congo de protéger sa mémoire collective et de renforcer sa souveraineté culturelle. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel édifice répond désormais aux standards internationaux de conservation muséale et constitue un levier pour le développement touristique ainsi que le rayonnement culturel du pays.

Jean-Claude Gakosso a également salué la place de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, comme l'une des expressions majeures du génie artistique africain et du lien culturel unissant les deux rives du fleuve Congo.

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