Congo-Brazzaville: Énergie - Le pays ouvre de nouvelles perspectives aux investisseurs

Le gouvernement congolais a présenté, le 27 mai à Brazzaville, sa vision de transformation économique fondée sur les infrastructures, l'énergie et le numérique, à l'occasion des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Devant des investisseurs, partenaires techniques et financiers, les autorités ont multiplié les appels à l'investissement pour faire du Congo un hub énergétique et logistique en Afrique centrale.

Le message du pays a été porté par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, lors de la Journée de l'investissement du Congo, réunissant investisseurs, institutions financières internationales, partenaires au développement et acteurs du secteur privé. Ces échanges ont permis aux autorités de présenter les projets prioritaires dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures, du numérique et de l'industrie. Dans son adresse, Anatole Collinet Makosso a affirmé la volonté du Congo de passer « de l'ambition politique à la matérialisation concrète d'une vision de développement ».

Selon le chef du gouvernement congolais, son pays compte capitaliser sur sa position géographique et ses ressources naturelles pour devenir une plateforme multimodale reliant les marchés d'Afrique centrale. « Le Congo ne veut pas être un simple spectateur du développement africain. Nous voulons en être le laboratoire », a déclaré Anatole Collinet Makosso devant les participants. Il a notamment insisté sur le rôle stratégique des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, énergétiques et numériques dans le développement du continent.

Le Congo mise sur son « pacte national énergétique » pour accélérer son électrification et soutenir sa transformation économique. Ce programme vise à mobiliser plus de deux milliards de dollars afin de renforcer la production et la distribution d'électricité. « Comment espérer une transformation agricole, industrielle ou numérique sans une énergie fiable et abondante ? », a interrogé le chef du gouvernement.

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Le secteur énergétique a suscité de vifs intérêts lors des échanges avec les partenaires techniques et financiers. Le ministre de l'Énergie et de l'Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a présenté plusieurs projets structurants visant à porter la capacité énergétique du pays à 3 000 MW dans les prochaines années, puis à 10 000 MW d'ici à 2040. Selon le ministre, le Congo souhaite s'appuyer sur les producteurs indépendants d'électricité pour accélérer les investissements dans l'hydroélectricité, le solaire, l'éolien ainsi que le gaz considéré comme une énergie de transition. « Le Congo est très ouvert à toute sollicitation en matière de production indépendante », a-t-il assuré, invitant les investisseurs à participer aux futurs projets énergétiques du pays.

Les projets prioritaires

Parmi les initiatives en cours figurent notamment le projet d'amélioration du secteur de l'électricité, les programmes d'électrification rurale ainsi que le projet régional de la « Boucle de l'amitié », destiné à relier les réseaux électriques du Congo, de l'Angola et de la République démocratique du Congo. Pour la BAD, le Congo dispose d'importants atouts pour attirer les capitaux privés.

Le directeur du département des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique à la BAD, Dr Daniel Alexander Schroth, a annoncé la mobilisation de plusieurs instruments financiers destinés à soutenir les projets énergétiques du pays. L'institution financière panafricaine prévoit notamment des financements concessionnels, des fonds spéciaux ainsi que des mécanismes de garantie pour accompagner les projets de production, de transport et de distribution d'électricité.

L'Union européenne (UE) a également réaffirmé son engagement aux côtés du Congo. L'ambassadrice de l'UE en République du Congo, Anne Marshall, a souligné l'importance des projets liés à la recherche énergétique, à l'intégration régionale et à la gouvernance du secteur. Elle a notamment mis en avant le projet de la « Boucle de l'amitié », présenté comme une infrastructure stratégique pour renforcer les échanges énergétiques entre les pays de la sous-région.

Au-delà de l'énergie, les autorités congolaises ambitionnent aussi de développer les corridors de transport, les infrastructures numériques, les centres de données et les plateformes de paiement digital afin de renforcer l'intégration régionale. Le gouvernement entend ainsi faire du Congo un acteur majeur de la connectivité régionale grâce à un réseau multimodal combinant routes, chemins de fer, voies fluviales, infrastructures portuaires et aériennes.

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