Elle fait partie de cette nouvelle génération de femmes qui n'hésitent plus à prendre leur place dans l'arène politique. À seulement une trentaine d'années, Tashyana Latchmana Pillay Kuppadu est depuis lundi dernier, l'une des plus jeunes maires que le pays ait connues. Derrière son sourire discret et son allure posée se cache pourtant une femme déterminée, consciente des défis qui l'attendent à la tête de la Ville lumière.
Des projets, elle en a plein la tête. Même si la situation financière de la municipalité s'annonce compliquée, la nouvelle maire refuse de céder au pessimisme. «Where there is a will, there is a way», lance-t-elle avec conviction. Une phrase qui résume parfaitement son état d'esprit : avancer malgré les obstacles.
Le grand public découvre véritablement son visage le 9 septembre 2017 lorsqu'elle est élue Miss Tamil. Une expérience qui marque un tournant dans sa vie. «Cela m'a permis de m'ouvrir davantage», raconte-t-elle. Très vite, elle s'implique dans le social, multipliant les actions auprès de ceux dans le besoin. «En aidant les autres, j'ai découvert une satisfaction inexplicable.»
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Au fil du temps, une autre envie grandit en elle : celle de s'engager activement en politique. «Je suivais la politique, mais pas de manière active. Quand l'occasion s'est présentée, je me suis lancée parce que c'était aussi un moyen d'aider les gens.» Pour elle, la politique n'est pas une quête de pouvoir, mais avant tout un outil de proximité et de service.
En 2025, elle prend une décision importante : suspendre sa carrière de fonctionnaire afin de se consacrer pleinement à son engagement politique. Un choix mûrement réfléchi. «Quitter la fonction publique, c'est mettre de côté un salaire stable, une sécurité et une pension après 60 ans. J'ai pesé le pour et le contre, mais au final, j'ai choisi quelque chose que j'aime profondément. Mon pays a beaucoup fait pour moi et aujourd'hui, c'est à mon tour d'aider mon pays.»
Accessible et proche
Mais derrière la femme politique se trouve aussi une jeune mère de famille. Maman de deux enfants âgés de cinq ans et un an et demi, elle reconnaît que l'équilibre entre vie familiale et engagement public n'est pas toujours évident. «Heureusement, je peux compter sur le soutien de mes parents, de mes beaux-parents et surtout de mon époux.» Dans un univers longtemps dominé par les hommes, elle sait également qu'il faut faire preuve d'une grande persévérance. «Les responsabilités des femmes sont nombreuses. Il faut savoir jongler entre les enfants, le travail politique et le social. Tout est une question d'organisation.»
Ce qui la motive le plus reste cependant le contact humain. Elle évoque notamment le cas d'une habitante de la rue Couvent qui lui avait parlé, durant la campagne électorale, d'un problème d'éclairage public. «Cette dame devait marcher dans le noir pour se rendre au temple. Malgré plusieurs plaintes, rien n'avait été fait auparavant. Une fois élus, nous avons réglé le problème. Voir sa satisfaction et recevoir sa bénédiction, cela n'a pas de prix.»
Aujourd'hui, la nouvelle maire mesure pleinement l'ampleur de sa mission. Parmi ses priorités : la gare Jan Palach Sud, un lieu fréquenté quotidiennement par de nombreux étudiants. Sécurité, marchands ambulants et présence de toxicomanes figurent parmi les dossiers urgents qu'elle souhaite traiter rapidement. Elle dit également vouloir travailler en collaboration avec le secteur privé, les ONG et les associations socioculturelles afin de mener à bien ses projets.
Et pour sa toute première journée comme maire, c'est avec simplicité qu'elle a choisi de commencer : une prière, du temps consacré à ses enfants, puis le chemin vers son bureau. Avant même la fin de la journée, elle avait déjà publié son numéro personnel sur Facebook afin de rester accessible aux citoyens. Une manière, peut-être, d'envoyer un message clair : celui d'une maire proche de la population et résolument tournée vers l'action.