L'inquiétude grandit parmi un groupe de travailleurs indiens recrutés pour participer à la construction de logements de la New Social Living Development Ltd. Environ 250 travailleurs sont aujourd'hui dans une situation délicate, affirmant être sans permis de travail valide depuis le mois de décembre et dans l'attente d'un retour en Inde.
Selon leurs témoignages, certains d'entre eux auraient déjà reçu les salaires dus par une première compagnie qui les employait. Toutefois, un autre groupe affirme être toujours dans l'attente d'environ un mois et demi de rémunération de la part d'une autre entreprise. Les travailleurs concernés disent désormais souhaiter avant tout être payés et rentrer chez eux.
«On nous a pris nos passeports depuis lundi et on nous a dit que nous aurions bientôt nos billets d'avion, mais nous attendons toujours», explique l'un des travailleurs rencontrés. Plusieurs d'entre eux racontent être venus à Maurice avec l'espoir d'améliorer les conditions de vie de leurs familles grâce à un emploi stable dans le secteur de la construction.
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Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun se dit préoccupé par les conditions dans lesquelles évoluent certains travailleurs étrangers. Il rappelle que plusieurs employés souhaitaient déjà rentrer dans leur pays depuis quelque temps, tandis que d'autres espéraient poursuivre leur activité professionnelle à Maurice. «Il faut que les autorités concernées puissent intervenir pour s'assurer que ces travailleurs obtiennent l'accompagnement nécessaire», soutient-il. Il appelle également les officiers de la Special Migrant Unit à effectuer davantage de visites dans les dortoirs accueillant des travailleurs étrangers afin de vérifier leurs conditions de vie et de travail.
Cette affaire intervient dans un contexte particulier, marqué par la mise en place d'un nouveau mécanisme de recrutement de travailleurs indiens via une plateforme centralisée pilotée par l'Economic Development Board (EDB), en collaboration avec la National Skill Development Corporation(NSDC) de l'Inde. Ce dispositif vise à répondre aux besoins croissants de plusieurs secteurs économiques, notamment la construction, l'hôtellerie, l'agriculture, la manufacture ou encore les technologies de l'information.
Concrètement, les employeurs peuvent désormais soumettre directement leurs demandes de main-d'oeuvre qualifiée sur le portail de l'EDB, après quoi les candidatures sont identifiées en Inde par la NSDC.
Pour Fayzal Ally Beegun, cette nouvelle approche pourrait toutefois comporter certains risques si le suivi des travailleurs n'est pas suffisamment renforcé. «Il faut s'assurer qu'il y ait un contrat clair, un logement adéquat et un encadrement approprié avant même l'arrivée des travailleurs à Maurice», estime-t-il.
Le syndicaliste insiste notamment sur la nécessité de garantir des conditions d'accueil dignes et structurées. «Il faut que les travailleurs aient déjà une adresse ou un dortoir prévu avant leur arrivée, comme cela se fait habituellement dans le cadre des procédures du ministère du Travail», souligne-t-il.
Alors que plusieurs travailleurs attendraient désormais leurs billets d'avion pour rentrer en Inde dans les prochains jours, cette situation remet une nouvelle fois en lumière les défis liés à la gestion et à la protection de la main-d'oeuvre étrangère à Maurice.