Burkina Faso: Discours haineux sur les réseaux sociaux - Vite, une prise de conscience collective

J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt, la conférence de presse animée par le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga 2, Blaise Bazié, le 22 mai dernier. Selon les informations révélées, 14 personnes ont été interpellées pour avoir tenu des discours haineux sur les réseaux sociaux.

Parmi ces individus, 8 ont été condamnés à des peines de prison diverses. Voir la loi s'appliquer dans toute sa rigueur à des gens qui ont transformé les réseaux, notamment Facebook, TikTok et autres, en no mans'land et en zone de non droit, constitue, sans aucun doute, un acte de salubrité publique à saluer. Pendant qu'ailleurs, le numérique sert à construire, à se réaliser, ici, une catégorie d'individus l'utilise pour insulter, mentir, salir l'image et la réputation des autres, voire semer des troubles à l'ordre public.

Moi-même qui rédige ces lignes et qui suis dans mon petit coin, évitant de déranger les autres, j'en ai été victime sans que mes bourreaux ne soient punis parce que je ne savais pas quoi faire pour que justice me soit rendue. A mon avis et c'est un sentiment personnel, le phénomène a pris de l'ampleur parce qu'à un moment donné, l'on a laissé faire.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Du moins, les « brigands » des réseaux sociaux ont profité du laxisme ou de la tolérance des uns et des autres pour asseoir leur incurie. Après tout, je ne suis pas surpris. Car, dans notre société, j'ai parfois l'impression que certains ont développé une passion pour les travers sur les réseaux sociaux.

Les discours de haine sont très nocifs pour une société en quête de paix

Les internautes semblent raffoler d'antivaleurs et ce, jusqu'au jour où chacun en devient victime. Et c'est à ce moment qu'on réalise que la promotion de la haine sur les réseaux sociaux ou ailleurs, n'a rien de bon. Cela dit, les discours de haine prospèrent parce qu'ils trouvent aussi en face, des oreilles attentives et qui sont prêtes à les relayer.

Comme je l'ai dit plus haut, ces discours n'ont rien de constructif pour un pays. Non seulement, ils donnent l'impression d'une dégénérescence des valeurs sociales, d'une faillite citoyenne, mais aussi ils sont très nocifs pour une société en quête de paix, de cohésion sociale, de concorde. A la fois poison et « bombes de destruction massive », ces discours compromettent, par ailleurs, l'éducation des enfants et le futur de la Nation. Ainsi, je pense que, individuellement et collectivement, nous devons nous ressaisir en changeant notre posture face aux discours haineux, d'où qu'ils viennent.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.