Cote d'Ivoire: Foncier rural à Facobly - Les acteurs font le bilan à mi-parcours

Une rencontre pour l'avenir du foncier dans le département de Facobly s'est tenue le 23 mai 2026, à Abidjan. Autour de la table se trouvaient les représentants des mutuelles des villages du département, des élus et cadres de la diaspora abidjanaise, le maire de la commune, le président de la Chambre des rois, le député Séhi Gaspard, ainsi que les équipes du groupement Terra Vital-Cge Sotti, opérateur technique mandaté par l'Agence foncière rurale (Afor) pour conduire le Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (Presfor).

L'objectif était de dresser un premier bilan avant la fin du programme prévue en 2028. Les agents arpentent les forêts, les champs et les villages des cinq sous-préfectures et des quarante localités que compte le département avec une mission claire : sécuriser les droits fonciers coutumiers des propriétaires terriens, prévenir les conflits inter-villages et formaliser les relations entre les propriétaires et les exploitants agricoles.

Le député Séhi Gaspard et l'expert-géomètre Alexis Sotti ont rappelé les enjeux du programme. Selon eux, si les résultats venaient à s'avérer insuffisants, les ressources du programme pourraient être réorientées vers d'autres départements. En effet, le Presfor, financé par la Banque mondiale et piloté par l'Afor sous l'égide du ministère de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, intervient dans seize régions à travers la Côte d'Ivoire pour sécuriser cinq millions d'hectares de terres rurales.

Dans la région du Guémon, l'objectif porte sur 263 246 hectares, dont 57 330 hectares pour le seul département de Facobly.

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Le chef du projet, Kouassi Bernadin, a présenté un bilan chiffré des activités conduites depuis le lancement des opérations. Le tableau d'ensemble est contrasté, mais porteur d'espoir. Sur les 40 villages ciblés, les cérémonies d'ouverture ont été organisées partout, les diagnostics des comités villageois de gestion foncière rurale (Cvgfr) ont été réalisés dans la quasi-totalité des localités et 38 villages sur 40 ont vu leurs Cvgfr formés ainsi que leurs délimitations territoriales finalisées.

Seul le tronçon Semien-Taobly demeure en suspens, en raison d'un différend persistant malgré une réunion de conciliation organisée en février 2026 à la sous-préfecture de Semien. Une rencontre qui avait pourtant débouché sur un accord avant que celui-ci ne vole en éclats au moment de la descente sur le terrain.

Sur le volet de la certification foncière, qui constitue le coeur du dispositif, les résultats appellent à une accélération. Plus de 4 090 demandes ont été enregistrées dans l'ensemble du département, soit 36 % de l'objectif fixé à 11 467 demandes. Le village de Koua arrive largement en tête avec 634 dossiers déposés, suivi de Séambly avec 322 dossiers et de Kaokossably avec 287. Mais les parcelles effectivement levées, c'est-à-dire bornées et cartographiées, sont de 2 530 sur les 11 467 attendues, soit un taux de réalisation de 22 %.

Un écart considérable qui traduit les difficultés rencontrées sur le terrain et la nécessité d'une mobilisation des communautés dans les mois à venir. Sur le front de la contractualisation, neuf contrats agraires ont été formalisés à ce jour, notamment à Koua, Séambly, Klangbolably, Tiébly et Zatta 2, sous forme de contrats de type planter-partager.

Par ailleurs, au cours des échanges, certains participants ont évoqué la crainte de voir certains allogènes éligibles à l'obtention du certificat foncier. Selon eux, si cette question n'est pas clairement traitée et si les populations ne sont pas rassurées sur les conditions réelles d'éligibilité, les résistances risquent de perdurer.

Il faut noter que le Presfor est entièrement gratuit pour les populations et que le Cvgfr, dont le mandat est de deux ans renouvelables, n'a pas vocation à se substituer à la chefferie traditionnelle, mais à la compléter, notamment dans la gestion quotidienne des demandes de certification.

À l'issue des échanges, les responsables des mutuelles se sont engagés à s'approprier le projet et à organiser des restitutions auprès de leurs familles et communautés d'origine afin de lever les réticences. Ils ont également appelé au renouvellement rapide des Cvgfr dont le mandat a expiré et à l'organisation d'une prochaine rencontre dans le département en présence des acteurs locaux.

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