Luanda — L'achèvement du processus de décolonisation du continent africain ainsi que les partenariats établis par l'Afrique avec l'Europe, l'Amérique, la Chine, la Russie et d'autres acteurs internationaux ont été considérés comme des acquis majeurs par le doyen du Groupe des ambassadeurs africains accrédités en Angola, Mohamed Ebade, dans un entretien accordé à l'ANGOP.
S'exprimant à l'occasion de la Journée de l'Afrique, célébrée le 25 mai, l'ambassadeur de la Mauritanie en Angola a dressé une brève analyse des avancées, des contraintes et des perspectives de l'Union africaine (UA) en matière de consolidation de l'unité et du développement du continent.
Ci-après, l'intégralité de l'entretien :
Excellence Monsieur l'Ambassadeur, le 25 mai marque la célébration de la Journée de l'Afrique. Que vous inspire cette commémoration d'une importance capitale pour les peuples et les États africains ?
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C'est moi qui vous remercie pour l'occasion que vous m'accordez en cette journée mémorable du 25 mai, Journée de l'Afrique. Pour répondre à la question, je peux dire que cette commémoration m'inspire les moments glorieux où des vaillants leaders africains, les sages pionniers de l'Afrique indépendante, ont très tôt pris conscience de l'importance de l'unité, de la liberté et du développement de notre Continent. En effet, ce que les pères fondateurs, (Kwame Nkrumah, Léopold Sédar Senghor, Gamal Abdel Nasser, Moctar Ould Daddah, Sekou Touré, Ben Bella, Modibo Keita pour ne pas citer que ceux-là), avaient fondé le 25 mai 1963, restera une boussole pour les générations africaines ultérieures.
Soixante-trois ans se sont écoulés depuis la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), devenue aujourd'hui l'Union africaine (UA).Quelles sont, selon vous, les principales avancées enregistrées au cours de cette période ?
Malgré les multiples obstacles rencontrés et les défis à surmonter, notre organisation a enregistré quelques avancées indéniables dont la lutte pour le parachèvement de l'indépendance du Continent, la solidarité, un certain niveau de coopération interétatique et une voie unie sur l'arène internationale pour défendre les intérêts de l'Afrique.
Les objectifs ayant présidé à la création de l'OUA ont-ils été pleinement atteints ? Dans la négative, pour quelles raisons ?
Comme je l'ai signalé plus haut, les obstacles rencontrés et les défis ne peuvent pas favoriser l'atteinte pleine et entière des objectifs déclinés dans la Charte. Néanmoins, certaines réalisations importantes ont été enregistrées, et l'Afrique dans son unité est devenue partenaire de l'Europe, de l'Amérique, de la France, de la Chine, de la Russie...etc
Certains pays africains demeurent confrontés à des conflits armés, entraînant pertes en vie humaines, famine, misère et autres fléaux affectant les populations. Selons vous, quelles mesures l'Union africaine devrait-elle prendre afin de mettre un terme à ces maux qui entravent le développement du continent, en particulier de ces pays ?
Oui, malheureusement, l'Afrique soufre des guerres, des conflits armés, du terrorisme, de la pauvreté, etc. Et quand vous dites que ces maux entravent le développement du continent, on peut aussi dire que seul le développement économique et la prospérité peuvent endiguer ces fléaux !
Quelle évaluation faites-vous du processus d'industrialisation de l'Afrique ?
L'avenir de l'Afrique dépend indéniablement de son industrialisation, laquelle repose sur la maitrise africaine de la science et de la technologie. À partir de là, nous pouvons dire que le processus d'Industrialisation de l'Afrique est, globalement, encore loin de répondre aux aspirations des peuples africains.
Quels sont aujourd'hui les principaux défis auxquels les pays africains sont confrontés ?
Au risque de me répéter, je dirai que les guerres, les conflits, le terrorisme, la pauvreté, les maladies, la dette constituent, entre autres, des défis auxquels notre Continent est confronté.
Que représente pour vous l'«Agenda 2063» de l'Union africaine ?
L'"Agenda 2063" constitue, à mon avis, un bel espoir pour l'Afrique. Néanmoins les plans de développement bien conçus ont toujours besoin de moyens de mise en oeuvre à leur hauteur
Parcours
Mohamed Ebade est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République islamique de Mauritanie auprès de la République d'Angola depuis 2019, assumant également les fonctions de doyen du Groupe africain.
Auparavant, il a représenté son pays en République du Mali entre 2015 et 2018.
De 2012 à 2014, il a exercé les fonctions de chargé d'affaires et chef de mission de l'ambassade de la République islamique de Mauritanie auprès du Royaume du Maroc.
Entre 2007 et 2011, il a occupé le poste d'ambassadeur-directeur du Maghreb arabe au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
De 2004 à 2006, il a été ambassadeur chargé de mission au Secrétariat d'État chargé du Maghreb arabe.
Avant d'entamer sa carrière diplomatique, il a exercé comme professeur agrégé à l'École normale supérieure de Nouakchott.
Il maîtrise couramment les langues française, arabe et anglaise.