La Conférence internationale des barreaux (CIB), qui regroupe l'ordre des avocats de 42 pays à travers le monde, demande aux autorités maliennes de transition de faire « toute la lumière » sur l'enlèvement de Maître Mountaga Tall, enlevé à Bamako il y a un mois, et de respecter le droit. L'avocat est détenu dans une prison secrète de la Sécurité d'État.
Cela fait près d'un mois que Maître Mountaga Tall, avocat et homme politique malien, a été enlevé à Bamako par des hommes armés encagoulés et qu'il est détenu dans une prison secrète de la Sécurité d'État, en dehors de tout cadre légal. Après lui, son propre fils et d'autres défenseurs de la démocratie ont subi le même sort.
Maître Xavier-Jean Keïta est secrétaire général adjoint de la Conférence internationale des barreaux. Il interpelle les autorités maliennes de transition. « Il n'est pas normal, dans un Etat de droit, qu'un avocat puisse être enlevé par des hommes encagoulés, que sa famille soit brutalisée, et que cet homme disparaisse sans que l'on sache où il est détenu, sans qu'il ne lui soit reproché un quelconque agissement et sans qu'on ait preuve qu'il y a une autorité judiciaire chargée d'une procédure », pose avec force Maître Xavier-Jean Keïta.
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« Nous exigeons leur libération immédiate »
« Il est avocat. Il devrait avoir accès à l'institution qu'est le Barreau, présidée par son bâtonnier, rappelle également le secrétaire général adjoint de la Conférence internationale des barreaux. Or à ce jour, ni l'institution ni le bâtonnier n'ont pu, à notre connaissance, être en contact avec Maître Tall », poursuit Maître Xavier-Jean Keïta.
L'avocat interpelle donc directement les dirigeants du régime de transition : « Nous nous adressons aux autorités, ce sont elles qui ont la maîtrise de la force. Nous exigeons que la lumière soit immédiatement faite sur le sort de Maître Mountaga Tall et de son fils. Nous exigeons également leur libération immédiate ou, au moins, leur présentation immédiate devant une autorité judiciaire. Nous demandons qu'ils puissent avoir accès à leur famille, à leur avocat librement choisi, éventuellement à un médecin. Les autorités maliennes sont le garant de l'État de droit. »