Au lendemain de l'annonce par l'Ouganda de nouvelles restrictions à sa frontière avec la RDC pour tenter de contenir la propagation d'Ebola, les inquiétudes grandissent dans le milieu des affaires. Kampala assure vouloir maintenir les échanges commerciaux, mais sous strict contrôle sanitaire. Mais industriels et transporteurs redoutent déjà des perturbations logistiques et des retards pour les marchandises, notamment alimentaires.
La RDC est l'un des principaux marchés d'exportation de l'Ouganda. Selon l'Association des industriels ougandais, les exportations vers le Congo représentent plus de deux milliards de dollars par an. Son directeur exécutif, Ezra Muhumuza, redoute déjà d'importantes perturbations pour le transport frontalier, même si les marchandises peuvent continuer à circuler.
« Quel est le plan pour garantir la sécurité des camions et des marchandises en transit ? Nous attendons des deux gouvernements qu'ils se parlent et créent ce que nous appelons des zones sécurisées, où les chauffeurs pourraient stationner jusqu'à ce que la situation se normalise. Car aujourd'hui, on ne peut pas simplement laisser les camions sur place avec des produits périssables : ils risquent d'être incendiés ou vandalisés », alerte-t-il.
« Faire du commerce ou sauver des vies ? »
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Pour certains industriels, ce nouveau choc intervient après plusieurs semaines déjà marquées par les tensions au Moyen-Orient. Du côté du gouvernement ougandais toutefois, ces restrictions sont nécessaires pour lutter contre Ebola.
« Les camions continuent de circuler, mais il ne doit pas y avoir d'attroupements. Les chauffeurs seront contrôlés et devront respecter des mesures sanitaires strictes. Les transporteurs eux-mêmes doivent aussi prendre des précautions. S'ils transportent des produits périssables, pourquoi ne pas attendre quelques jours que la situation se stabilise ? Ces restrictions ne sont pas prises de mauvaise foi. Qu'est-ce qui est le plus important : faire du commerce ou sauver des vies ? », questionne David Bahati, le ministre des Transports ougandais.
Les autorités ougandaises assurent que ces mesures resteront en place aussi longtemps qu'elles jugeront la situation sanitaire préoccupante.