L'éthique de conviction demeure, à mes yeux, le socle fondamental sur lequel nos nations africaines doivent impérativement se reconstruire. Sans cette exigence morale intérieure, il ne peut y avoir ni intégrité véritable, ni gouvernance responsable. Et là où l'intégrité fait défaut, la corruption prospère, la mauvaise gouvernance s'installe, et les intérêts personnels prennent malheureusement le pas sur l'intérêt général.
Ce qui me peine profondément aujourd'hui, c'est de constater que parmi celles et ceux à qui l'on confie des responsabilités dans nos États africains, une grande majorité semble avoir perdu le sens du devoir, de la probité et du sacrifice pour le bien commun. Beaucoup accèdent aux affaires non pour servir leur peuple, mais pour se servir eux-mêmes, accumuler des privilèges et préserver leur confort personnel.
Cette réalité suscite parfois en moi une immense tristesse. Il devient difficile de porter une vision sincère lorsque l'opportunisme domine les sphères de décision. Lorsqu'on choisit la voie de l'intégrité dans un environnement où elle devient minoritaire, on se retrouve souvent isolé, incompris, parfois même combattu.
Pourtant, je reste convaincue que l'Afrique mérite mieux.
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Notre continent, malgré son histoire millénaire et ses immenses richesses humaines et naturelles, demeure encore fragile dans son organisation politique et institutionnelle. J'aime souvent dire que l'Afrique ressemble à un enfant qui apprend encore à marcher : elle possède un potentiel extraordinaire, mais elle a besoin de dirigeants visionnaires, responsables et profondément attachés à l'intérêt collectif.
Il est temps que certains sortent du confort du pouvoir, des privilèges, du luxe et de l'indifférence pour se consacrer véritablement à l'avenir du continent. L'Afrique ne pourra avancer que si ses filles et ses fils choisissent enfin le courage, l'éthique, le travail et le patriotisme plutôt que l'enrichissement personnel.
En tant que femme députée, économiste, entrepreneure, leader de la société civile et aujourd'hui engagée en politique, je refuse de me résigner. Je continuerai à porter cette voix et à défendre cette vision d'une Afrique plus juste, plus responsable et plus humaine. Une Afrique où la politique redevient un engagement au service du peuple, et non un instrument d'enrichissement personnel.
Car je crois profondément que notre continent peut se relever, à condition que chacun accepte de placer l'intérêt général au-dessus de ses intérêts particuliers.