Burkina Faso: Vers l'ouverture d'un front des leaders de la communauté musulmane contre la junte ?

Le Dr Mohamad Ishaq Kindo, influent imam et prédicateur sunnite, a été interpellé le mardi 26 mai 2026, à Ouagadougou par des policiers, puis conduit vers une destination inconnue, selon ses coreligionnaires et ses proches.

Tout comme l'imam Mahmoud Barro, arrêté le 31 mars 2026 à Bobo-Dioulasso, il dénonçait l'adoption, le 19 mars, d'un projet de loi encadrant l'exercice des libertés religieuses au Burkina Faso et avait appelé les autorités à « se questionner davantage sur la portée de leurs actes avant d'agir ».

Le texte interdit l'érection ou l'aménagement de lieux de culte dans les services publics. Des exceptions strictes sont prévues pour les prisons, les casernes et les structures sanitaires (hôpitaux).

Contrairement à l'arrestation de l'imam de Bobo-Dioulasso, « l'enlèvement », selon ses proches, du Dr Kindo a suscité des manifestations et des affrontements entre fidèles musulmans et forces de l'ordre, notamment à Zangouétin, quartier historique et central de Ouagadougou situé dans le secteur 5, où se trouve la grande mosquée sunnite de la capitale. Sur les réseaux sociaux circulent des images des marches organisées par les partisans du leader religieux, mais aussi des courses-poursuites avec les forces de l'ordre.

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Sur sa page X (anciennement Twitter), Wamaps (@Wamaps_News), un blog traitant de la situation sécuritaire en Afrique de l'Ouest, confirme l'information. On peut y lire : « Le lendemain, le 27 mai, après la prière de l'El Kebir à la mosquée sunnite de Zangouétin, des forces de sécurité armées ont encerclé les lieux, bloquant les entrées et les sorties. Quatre-vingt-dix disciples ont été arrêtés puis remis à l'armée pour être envoyés vers Kaya dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme ».

La plateforme rappelle que, trois jours auparavant, le 23 mai 2026, les autorités ont également réprimé un rassemblement à Titao, où des habitants réclamaient davantage de sécurité. « Les multiples attaques terroristes des derniers mois n'inciteraient-elles pas la population à descendre dans la rue pour forcer le gouvernement à agir ? », s'interroge Wamaps.

La loi interdisant les lieux de culte dans les établissements publics compte également de nombreux partisans. Soutenant cette mesure, Bibi Pacôme Mougue (@BibiPacome) a publié : « La laïcité est un principe fondamental dans une République qui se veut neutre, plurielle et égalitaire vis-à-vis des religions pratiquées sur son territoire. L'État n'a pas de religion. L'État ne soumet les individus à aucune religion. L'État ne salarie aucun culte. Dans une telle République, il n'y a pas de religion au-dessus de l'État ».

Rappelant les motivations ayant conduit à l'adoption de cette loi, GeoRossignol (@GeoRossignol) indique que « selon les autorités burkinabè, cette loi a pour objectif d'encadrer les libertés religieuses et de lutter contre le radicalisme ».

En face, Al Abbas (@Munshid_1) met les autorités burkinabè en garde contre un sentiment antimusulman au sein de la population. « Qu'il le fasse, il ne fera que pousser davantage de musulmans dans les mains des terroristes », prévient-il.

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