Congo-Brazzaville: Assainissement - Le pays plaide pour un financement partagé

Le ministre de l'Assainissement urbain, du Développement local et de l'Entretien routier, Juste Désiré Mondelé, a co-animé le panel de discussion de haut niveau sur les opportunités de financement de la Vision africaine pour l'eau et l'assainissement, le 27 mai à Brazzaville. Il a plaidé pour un financement partagé dans le secteur de l'assainissement.

Dans son intervention en marge des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), Juste Désiré Mondelé a évoqué les obstacles et les barrières au financement de l'assainissement avant d'en esquisser quelques pistes de solutions. D'emblée, il a fait un pont entre la Journée de l'Afrique, célébrée le 25 mai sur le thème « Assurer la disponibilité durable de l'eau et des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 » et le début des travaux des 61es Assemblées annuelles de la BAD.

« Le 25 mai, Journée de l'Afrique, fut aussi la journée de démarrage des 61es Assemblées de la BAD. C'est un alignement des planètes. L'assainissement est désormais au coeur de l'agenda continental, et l'engagement politique des États rencontre une expression claire de la BAD sur les financements », a-t-il rappelé.

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En effet, l'eau et l'assainissement constituent aujourd'hui un enjeu majeur de sécurité humaine, de santé publique et de développement durable en Afrique. Pour ce faire, la République du Congo réaffirme son engagement à accompagner toutes les initiatives africaines visant l'amélioration de l'accès de la population à l'eau potable et à des infrastructures modernes d'assainissement.

Ayant compris cette évidence, le président de la République du Congo, a dit le ministre Juste Désiré Mondelé, a créé depuis plus d'un an un ministère en charge de l'Assainissement.

Ce qui a permis l'organisation dans le pays de la première conférence sur l'assainissement réunissant l'ensemble des parties prenantes (Gouvernement, collectivités locales, partenaires financiers et partenaires au développement, multilatéraux et bilatéraux) avec l'appui de l'Unicef et de la BAD à travers la facilité africaine de l'eau. Cela a débouché par la mise en place de certains instruments dont la politique nationale de l'assainissement en cours de validation au niveau du gouvernement et le Fonds national d'assainissement.

Une table ronde pour évaluer les engagements pris à Brazzaville

Parlant des obstacles et des barrières concernant les investissements dans le secteur de l'assainissement, le ministre de l'Assainissement urbain, du Développement local et de l'Entretien routier a remercié la BAD pour ce panel de haut niveau. « Les besoins de l'Afrique en infrastructures d'eau et d'assainissement sont évalués entre 50 et 60 milliards de dollars par an.

Les pays africains n'y consacrent en moyenne que 0,4 % de leur produit intérieur brut. La nouvelle architecture financière de la BAD, du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique à l'AUICI et à la Facilité africaine de l'eau, ouvre la voie à un financement public-privé associant garanties et accompagnement des projets bancables de la captation à la structuration et à la coordination, pour qu'in fine le franc arrive à destination », a-t- il estimé.

Juste Désiré Mondelé a parlé, par ailleurs, de convictions, notamment de l'arbitrage prophylactique. « Investir dans l'assainissement, c'est investir en termes prophylactiques pour se prémunir des maladies... Si l'État n'investit pas dans les infrastructures d'assainissement, il sera obligé d'investir davantage dans la prise en charge », a-t-il martelé, citant l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo voisine.

S'agissant de la deuxième conviction, il a indiqué que l'assainissement est une niche d'emplois. Le franc investi doit arriver à destination pour permettre aux jeunes de créer des start ups, de s'intéresser à l'économie circulaire, d'après lui. Quant à la dernière conviction, le ministre a épinglé la dignité. « La dignité de l'humain, la dignité des femmes. Le déficit en installations sanitaires dans les établissements scolaires, qui éloigne ponctuellement des jeunes filles des bancs d'école. Avec la BAD, la Facilité africaine de l'eau et l'Unicef, un projet de modèle de latrines accessibles à tous est en cours d'élaboration, pour les ménages et pour les écoles », a-t-il annoncé.

Le ministre de l'Assainissement urbain, du Développement local et de l'Entretien routier a souligné, enfin, la nécessité de réunir très rapidement, à Brazzaville, autour d'une table, l'ensemble des parties prenantes pour que les engagements pris se traduisent concrètement.

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