Le doute n'est plus permis. Les études les plus récentes confirment que les aliments ultra-transformés (AUT) sont nocifs pour la santé.
Mais nous en consommons de plus en plus. Il faudrait tout simplement vérifier l'étiquette qui doit indiquer tous les nombreux additifs, colorants alimentaires, conservateurs, antioxydants. Vérifier s'il ne s'agit pas de processed food, c'est-à-dire de la nourriture industrielle trop riche en sucres et en additifs controversés. Le fait est que les États n'ont pas le courage de lutter contre les puissants lobbies mondiaux de l'industrie alimentaire.
Quels sont ces aliments ?
Ils se vendent dans tous les rayons à des prix abordables et sont appétissants, ne sont pas cuisinés, mais à réchauffer et bourrés d'additifs sans aucune valeur nutritionnelle. Les plus connus sont les chips, les plats préparés, les céréales du petit déjeuner, les gâteaux, les confiseries, les viandes transformées en saucisses, les biscuits, les hot-dogs, les plats surgelés, les sodas, les boissons énergétiques, les pizzas surgelées... on a détruit la structure naturelle, donc brute, des aliments.
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Cette liste n'est pas exhaustive. Ce ne sont plus des produits végétaux ou animaux fournis par la nature. À leur détriment, il faut choisir des fruits frais ou congelés, des légumes, du poisson, de la viande, des pâtes... tous faits d'un seul ingrédient comme ils le sont dans la nature. Or, les chercheurs ont même trouvé une céréale destinée au petit déjeuner contenant 57 ingrédients !
Tous ces AUT sont trop riches en sel, en sucre, en graisse. Ce n'est pas seulement du junk food, mais de la nourriture fabriquée par l'homme. Ils sont devenus des produits artificiels ne contenant que peu de micronutriments. Ils abaissent la qualité nutritionnelle.
Les consommateurs ont le choix entre quatre catégories d'aliments. Il faut en premier privilégier les aliments comme les fruits et les légumes bruts et sans transformation. Ensuite, pour les ingrédients culinaires, choisir les huiles végétales. En troisième position, éviter les fruits au sirop, les légumes en conserve, les frites. En dernière position, à éviter autant que possible : saucisses, chips, pain de mie, nuggets, steak à base de végétaux, tous trop riches en calories. Ces AUT sont la première cause de mortalité dans les grandes villes du monde. Encore une fois, vérifier les étiquettes.
Les risques sont graves
Ces AUT sont nocifs pour la santé. Ils accroissent les risques de diabète de type 2 de 38 %, ceux de cancer de 14 % et de 41 % pour le cancer du sein, ceux de l'hypertension de 24 % et ceux de maladies cardiovasculaires de 16 %. Il faudrait dans l'idéal interdire ces additifs controversés comme les nitrites qui ont un lien avec le cancer colorectal et même l'édulcorant comme l'aspartame jugé probablement cancérigène.
Ces chiffres récents sont les résultats d'études menées sur 100 000 volontaires. Ajoutez à cette liste les maladies chroniques comme les risques d'obésité (plus 26 %), notamment chez les enfants. Les sodas et autres boissons sucrées augmentent les taux de LDL, le mauvais cholestérol. Il faut prendre le temps de lire la composition de chaque produit et son apport nutritionnel. Oui, mais comment trouver ce temps ? S'il contient cinq ingrédients riches en sel, en sucre, en matières grasses, il faut l'éviter parce qu'il menace le coeur en augmentant le surpoids ou l'obésité. D'où le risque de maladie coronarienne et la hausse de mortalité. Toutes ces informations sont alarmantes. On se retrouve souvent avec des termes qui en général échappent aux consommateurs. Marcher avec un petit guide complique les choses.
Autres conséquences
Suite à des études de cas en Australie menées sur 2 192 adultes, il en résulte que les AUT induisent des conséquences désastreuses à la longue. Une baisse d'attention, de concentration et même de l'attention visuelle. Il suffirait d'un paquet de chips par jour. En revanche, pas de risque pour la mémoire et c'est tant mieux.
Le cerveau est affecté avec le temps par la destruction de la structure naturelle des aliments avec en cours de vie l'apparition de l'hypertension et de l'obésité. Ces procédés de transformation chimique, physique et biologique provoquent des altérations et on se laisse berner par le marketing intensif et des designs attrayants. Rien ne semble pouvoir freiner cette commercialisation dans le monde de ces AUT. Les profits sont simples à calculer au lieu de se livrer à la compréhension des étiquettes. Les lobbies industriels qui produisent ces AUT visent la rentabilité, soit 1 900 milliards de dollars par an.
Ils sont donc aussi néfastes pour le cerveau comme l'attestent d'autres sérieuses études. Ils augmentent la dépression de 44 % et l'anxiété de 48 %. Au Brésil, une étude menée sur 10 775 personnes démontre cet excès de calories dû aux AUT, responsables d'une hausse de 28 % dans le déclin cognitif lié au cerveau.Ce sel ajouté et ces saveurs artificielles intensives produisent une perte de contrôle du cerveau.
Une constatation lucide démontre que dans la nature, il n'existe pas d'aliments naturels très sucrés et très gras. Hélas, ces lobbies rendent ces produits addictifs comme l'est la cigarette. Évidemment, des solutions existent pour réduire la commercialisation de ces AUT. À commencer par limiter au maximum les apports en sucre sous toutes ses formes. Idem pour le sel. Bannir autant que possible les graisses saturées. Ce serait un électrochoc pour l'industrie alimentaire, une sorte d'assurance-vie contre certaines maladies graves. C'est en vérité une utopie que de vouloir combattre des grosses industries mondiales. Faut choisir de proscrire dans notre petit coin.
Ce serait banal de reprendre la phrase archi-ressassée : «Nous creusons notre tombe avec notre fourchette.» Ou encore mieux : «Nous sommes ce que nous mangeons.» Eh oui. Une vérité difficile à... avaler. En attendant, bon appétit quand même.
De grands pays prennent déjà des mesures contre cette agro-industrie. En France, ces AUT sont responsables de 35 % des calories ingurgitées quotidiennes. Aux États-Unis, l'état de la santé inquiète parce que 90 % des dépenses dans ce domaine concernent ces maladies chroniques liées à la consommation des AUT. Il est grand temps d'agir sur le plan local.