Sénégal: Matam - Après la Tabaski, les moutons restent chers

Vingt-quatre heures après la célébration de l'Aïd-el-Kébir 2026, également appelée fête de Tabaski, l'effervescence a déjà laissé place au calme à Ourossogui, notamment au grand daraal, centre du commerce dans la région.

Bien que l'animation soit retombée, quelques vendeurs de moutons restent encore sur place, dans l'espoir d'écouler leurs derniers animaux invendus. La Tabaski, période où la demande en moutons atteint son pic, provoque traditionnellement une flambée des prix de ces derniers. Toutefois, une fois les festivités passées, on s'attend souvent à une baisse des tarifs, conséquence d'une diminution de la demande.

Néanmoins, cette année, malgré la fin de la fête, les prix des moutons demeurent élevés. Cette situation, imputable à une augmentation des coûts liés à l'élevage, au transport et à divers autres frais, complique davantage les efforts des vendeurs qui peinent à attirer des acheteurs dont le pouvoir d'achat est déjà limité.

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Au forail, les prix des moutons intermédiaires varient entre 75 000 et 150 000 francs CFA, tandis que ceux des plus grosses bêtes oscillent entre 250 000 et 300 000 francs CFA. Ces chiffres témoignent de la persistance de tarifs élevés. Pourtant, la région produit bien plus qu'elle ne consomme, accueillant par ailleurs un nombre significatif d'animaux en provenance de la Mauritanie et du Mali, selon les vendeurs sur place.

Pour les éleveurs et commerçants locaux, cette campagne s'apparente à une véritable épreuve. Confrontés à la hausse des prix de l'aliment pour bétail et des frais de transport, ils peinent à réaliser des ventes significatives. Thiambel, un vétéran de ce marché depuis plusieurs années, exprime son désarroi face à une saison décevante comparée à celle de l'an passé. « L'année dernière à la même période, j'avais vendu 100 moutons. Mais cette fois-ci, les contraintes économiques m'ont empêché de refaire ce chiffre », confie-t-il. Il décrit cette expérience comme un véritable parcours du combattant.

Du côté des acheteurs, la déception est palpable. Beaucoup espéraient une baisse des prix après la fête, mais se heurtent à une réalité bien différente. Kader, l'un d'entre eux, résume le sentiment général : « Je comprends que les coûts de production et de logistique influencent les prix du bétail. Cependant, le maintien de tarifs aussi élevés même après la fête laisse perplexe. Sommes-nous confrontés à une inflation durable ou à une stratégie délibérée de la part des vendeurs ? Cela soulève des questions sur l'équilibre du marché. » Cette situation met en lumière les nombreux défis auxquels le secteur de l'élevage est actuellement confronté et le poids croissant des pressions économiques sur les différents acteurs du marché.

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