La situation des centres résidentiels accueillant des mineurs a été au centre de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, adressée hier à la Première ministre adjointe et ministre de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie.
Celle-ci a dressé un état des lieux du fonctionnement de ces institutions, tout en revenant longuement sur les difficultés rencontrées au centre Cap L'Espoir à Cap-Malheureux.
La ministre a rappelé que les institutions résidentielles pour enfants sont des structures d'accueil destinées aux mineurs ne pouvant rester dans leur foyer en raison de situations d'abus, de négligence, d'abandon ou de graves difficultés familiales. Ces établissements sont encadrés par la Children's Act 2020 et les règlements adoptés en 2022.
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Selon les chiffres communiqués, sept institutions résidentielles sont enregistrées auprès du ministère. À celles-ci s'ajoute une structure gérée par le National Children's Council (NCC), organisme sous tutelle du ministère. Le seul centre résidentiel opéré par l'État, Cap L'Espoir, affiche actuellement un taux d'occupation de 80 %, avec 24 pensionnaires pour une capacité maximale de 30 places. La ministre a précisé que les effectifs de ces institutions évoluent constamment en fonction des décisions judiciaires, évaluations sociales et possibilités de réintégration familiale ou communautaire. Les placements font l'objet d'un suivi hebdomadaire.
Concernant les incidents signalés dans ces structures, Arianne Navarre-Marie a indiqué qu'un total de 34 plaintes policières ont été enregistrées depuis décembre 2024 dans les établissements résidentiels relevant de son ministère. Elle a toutefois souligné que chaque cas fait l'objet d'enquêtes administratives, policières ou réglementaires selon sa nature. Elle a reconnu que la majorité des problèmes proviennent de Cap L'Espoir, affirmant que les difficultés rencontrées au sein de cette institution remontent à plusieurs années. Elle a estimé que l'ancien gouvernement n'était pas parvenu à résoudre la situation.
La ministre est revenue sur un incident survenu le 1eᣴ juin 2025, lorsque trois mineurs avaient quitté le centre avant d'être retrouvés. À leur retour, ils présentaient des signes inquiétants et des tests rapides avaient révélé la présence de cannabis chez deux d'entre eux. Une enquête interne avait alors été lancée et six éducateurs en service au moment des faits avaient été suspendus le 9 janvier dernier afin d'éviter toute interférence avec l'enquête.
Réouvert le 5 décembre 2025 après des travaux de modernisation, Cap L'Espoir a rapidement été confronté à une succession d'incidents perturbant son fonctionnement. Le responsable du centre, nommé à sa réouverture, a démissionné le 20 janvier dernier. Une délégation parlementaire avait également visité les lieux le 29 décembre 2025 à la demande de la Chief Government Whip. Face aux difficultés persistantes, notamment une pénurie chronique de personnel affectant la supervision des jeunes, le ministère a mis en place des séances de soutien psychologique, des programmes de gestion des traumatismes et des interventions liées aux problèmes de consommation de substances. Une présence policière permanente a également été instaurée.
C'est dans ce contexte qu'un comité interministériel a été créé afin d'examiner la situation globale. Coprésidé par la ministre et l'Attorney General, ce comité réunit notamment des représentants du bureau du Directeur des poursuites publiques, de la police, du service de probation, du ministère de l'Éducation, du Bureau de l'Ombudsperson for Children ainsi que plusieurs parlementaires. Quatre réunions ont déjà eu lieu depuis février dernier.
Lors de la troisième rencontre, tenue le 29 avril, les membres ont convenu de la nécessité urgente de créer une infrastructure distincte pour les enfants présentant de graves troubles comportementaux, séparée de celle destinée aux mineurs en conflit avec la loi. À la quatrième réunion, le 21 mai, il a été décidé de préparer un rapport intérimaire destiné au gouvernement. Interrogée par Joe Lesjongard sur d'éventuels amendements à la Children's Act, Arianne Navarre-Marie a indiqué que les recommandations du comité seront prochainement soumises au Cabinet avant que des instructions ne soient données au State Law Office sur d'éventuelles modifications législatives.
La ministre a également révélé qu'un autre incident préoccupant a été signalé le 10 mai dernier. Des éducateurs ont constaté que plusieurs pensionnaires portaient des tatouages réalisés à l'aide de la même aiguille. Cinq mineurs ont été soumis à des examens médicaux et des tests de dépistage, tous revenus négatifs. Une enquête policière est en cours.
Arianne Navarre-Marie a également dénoncé l'existence de comportements «clanistes» parmi certains éducateurs, accusés de manipuler les enfants et de contribuer à un climat de tension. Elle a affirmé que plusieurs membres du personnel affichent des affiliations politiques qui compromettent le bon fonctionnement du centre.
La ministre a enfin indiqué que plusieurs appels à manifestation d'intérêt ont été lancés afin de confier la gestion de Cap L'Espoir à une organisation non gouvernementale. Jusqu'à présent, aucune candidature n'a été reçue. Un nouvel appel a été lancé le 12 mai et restera ouvert jusqu'au 12 juin.