Ile Maurice: Kugan Parapen veut dépasser les révisions «chirurgicales» du passé

Le junior minister à l'Intégration sociale Kugan Parapen a rappelé que la Constitution «n'est pas figée depuis 1968». Il a souligné qu'elle a été amendée à de multiples reprises depuis, «parfois pour de bonnes raisons, parfois pour des moins bonnes raisons».

Parmi les avancées citées figurent notamment l'abaissement de l'âge du vote de 21 à 18 ans en 1975, l'accession au statut de République en 1992, l'autonomie de Rodrigues en 2001 ainsi que le mini-amendement constitutionnel de 2014. À l'inverse, il a évoqué plusieurs épisodes plus controversés, dont le renvoi des élections générales en 1972 ainsi que l'amendement de 2002 permettant la détention d'un citoyen pendant 36 heures incommunicado dans le cadre de la Prevention of Terrorism Act. Une réforme qui avait précipité la démission du président et du vice-président d'alors.

Dans ce contexte, le junior minister a précisé qu'il ne s'agissait pas de «réécrire l'histoire», mais plutôt de rappeler que les amendements constitutionnels ont souvent été adoptés de manière «chirurgicale», au gré de conjonctures politiques, géopolitiques ou juridiques spécifiques.

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C'est précisément sur ce point que s'inscrit le Constitutional Review Commission Bill, qui vise selon lui à dépasser ces logiques passées. Il estime que ce texte ouvrirait, pour la première fois, la voie à une réforme «élargie, structurelle et moderne» de la Constitution.

Réagissant aux critiques du leader de l'opposition, qui dénonçait un processus «qui commence à l'envers» et une commission imposant plutôt un agenda que l'écoute du peuple, Kugan Parapen a rejeté ces accusations. «Le leader de l'opposition se trompe, comme souvent, sur toute la ligne», a-t-il dit, allant même jusqu'à préciser qu'il «nage en plein délire».

À cet égard, le junior minister a soutenu que les termes de référence de la commission ne sont ni le produit de technocrates travaillant à huis clos, ni celui d'un «État parallèle». «Bien au contraire, ils découleront d'une validation populaire, issue de l'engagement de l'Alliance du changement durant la campagne électorale de 2024.»

Dans la même logique, il a insisté sur la portée politique du texte pour son parti, Rezistans ek Alternativ (ReA), qu'il a décrit comme central dans cette démarche de réforme. «Le projet de loi incarne l'ADN et la raison d'être de cette formation», a-t-il affirmé. Il a ensuite replacé l'ensemble dans une perspective plus large, estimant que la Constitution de 1968 demeure un texte de «première génération», centré sur les libertés dites négatives, protégeant les citoyens contre les abus de l'État, sans toujours lui imposer des obligations positives.

Selon lui, les nouvelles propositions introduiront au contraire des droits de «deuxième génération», transformant les citoyens en partenaires actifs de l'action publique. Il a également soutenu que ces réformes redéfiniront le rapport à la nature, en reconnaissant des droits constitutionnels à l'environnement, passant d'un modèle anthropocentrique à un modèle plus écologique.

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