Ile Maurice: Les syndicats montent au créneau contre le non-paiement des allocations

Les tensions montent au sein du secteur de la santé publique. Plusieurs syndicats regroupés sous la bannière de la State Employees Federation (SEF) ont manifesté le jeudi 28 mai, à Port-Louis, avant d'adresser une lettre au Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam. Cela, afin de dénoncer le non-paiement d'allocations et les graves pénuries de personnel au sein du ministère de la Santé.

Dans leur correspondance, les représentants syndicaux tirent la sonnette d'alarme sur une situation qu'ils qualifient de «critique» après plusieurs années de sous-effectif dans les hôpitaux publics, les Mediclinics et les Area Health Centres. Selon eux, les restrictions budgétaires successives ont empêché le recrutement dans plusieurs postes médicaux et paramédicaux, malgré une demande croissante pour les services de santé.

La SEF affirme que des dizaines de catégories d'employés sont concernées par des paiements en souffrance. Parmi eux figurent les Health Care Assistants, les Nursing Officers, les chauffeurs, les Ward Assistants, les cuisiniers, les standardistes, les Health Records Clerks et les médecins affectés au SAMU et aux services d'urgence. Les allocations non versées comprennent notamment les heures supplémentaires, les allocations de nuit, les compensations pour les jours fériés et les dimanches ainsi que des bonus spécifiques liés aux fonctions exercées.

Les syndicats soutiennent que le ministère de la Santé fonctionne en permanence, 24 heures sur 24, contraignant de nombreux employés à effectuer des heures additionnelles pour maintenir les services essentiels. Ils dénoncent toutefois le fait que ces heures travaillées ne soient pas rémunérées conformément aux dispositions de la Workers' Rights Act de 2019, de l'Employment Relations Act de 2008 ou encore des recommandations du Pay Research Bureau.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

«Plusieurs fonctionnaires souffrent aujourd'hui d'épuisement professionnel, de stress et de fatigue sévère en raison de la surcharge de travail», écrivent les dirigeants syndicaux, Rishi Persand et Radhakrishna Sadien. Ils estiment que cette situation pourrait compromettre «l'efficacité du système de santé publique» ainsi que «la qualité des soins accordés aux patients». Dans leur lettre, les syndicats rappellent également que l'article 14 de la Constitution protège les travailleurs contre toute forme de travail forcé. Ils considèrent que l'obligation répétée d'effectuer des heures supplémentaires sans rémunération adéquate constitue une injustice envers les employés du secteur.

Face à cette crise, la SEF réclame quatre mesures prioritaires : l'allocation de ressources financières additionnelles dans le prochain Budget, le paiement immédiat des allocations dues, le recrutement accéléré dans les secteurs médical et paramédical, et l'ouverture d'un dialogue constructif avec les syndicats afin de rétablir la paix industrielle. Les représentants syndicaux souhaitent désormais rencontrer le Premier ministre afin de discuter de l'avenir des services de santé et des conditions de travail des employés hospitaliers alors que les attentes autour du prochain Budget se précisent.

Cependant, selon nos informations, les paiements se feront dans les jours à venir.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.