Le Centre d'éducation pour une société durable (Esd) a organisé la première édition de la « Classe ouverte politique » du projet École citoyenne d'engagement politique (Ecep), le jeudi 28 mai 2026, à Abidjan-Cocody.
Les Classes ouvertes politiques sont des espaces de conférences-débats qui abordent des thématiques d'intérêt afin de sensibiliser les citoyens aux enjeux politiques et sociétaux ainsi qu'au fonctionnement des institutions.
Selon Raphaëlle Kouassi, le projet École citoyenne d'engagement politique est destiné à renforcer la culture politique des jeunes, en vue de soutenir l'émergence d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques davantage avertis des enjeux et des mutations du pays, du continent et du monde.
« L'Ecep se veut une école, un cadre de dialogue, un lieu de confrontation d'idées, un espace d'apprentissage et d'expérimentation politique. Elle est à la fois destinée aux 45 auditeurs sélectionnés parmi des jeunes d'horizons divers et d'obédiences politiques variées, ainsi qu'au grand public, en dehors des ateliers de formation politique », a-t-elle indiqué.
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Autant d'initiatives portant sur des sujets politiques ou de société qui renforcent l'esprit critique.
Dans son intervention, Blandine Angbako, directrice exécutive du Centre Esd, a rappelé qu'à travers la décentralisation, l'État central transfère des pouvoirs, des responsabilités et des ressources aux collectivités territoriales et leur confère une certaine autonomie.
Toutefois, malgré l'existence d'instruments juridiques et institutionnels encadrant le rôle des collectivités territoriales dans le développement local, plusieurs défis persistent quant à l'effectivité du transfert des compétences aux élus.
C'est pourquoi le Centre Esd a choisi de débattre de la thématique du transfert des compétences aux collectivités territoriales dans un contexte sous-régional marqué par des crises politico-militaires et le terrorisme, qui accentuent les mouvements migratoires, mais aussi au regard de la croissance démographique au niveau national.
« Il s'avère donc plus qu'urgent d'améliorer les services de proximité, d'accompagner l'urbanisation, de réduire les déséquilibres entre les localités et de renforcer la confiance dans les institutions publiques à travers des collectivités territoriales efficaces. C'est tout le sens de cette première Classe ouverte politique », a-t-elle soutenu.
Représentant le maire du Plateau, Serge Agnéro, conseiller municipal, a souligné que, d'un côté, la jeunesse est une force essentielle pour l'avenir de la nation et que, de l'autre, les collectivités territoriales occupent une place stratégique dans le processus de développement du pays. C'est pourquoi il s'est félicité de l'existence de ces espaces de discussion sur les grands enjeux du développement local.
Au cours de la conférence qu'il a co-animée sur le thème « Collectivités territoriales, développement local et enjeux du transfert effectif des compétences », Dr Aman Ngbesso, chef de service, représentant le directeur général de la décentralisation et du développement local, Fidel Yapi, a invité les parties prenantes à une synergie d'actions. « Le développement est une affaire de tous, qui engage toutes les intelligences et tous les acteurs », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Dr Essis Marc, enseignant-chercheur et panéliste, a affirmé que la décentralisation n'est pas une affaire d'experts. « C'est une réalité sociologique, un enjeu de gouvernance locale, décliné en trois points : développement économique, développement humain et développement durable », a-t-il expliqué. Avant d'indiquer que promouvoir le développement local, c'est promouvoir la démocratie.