Dans le cadre d'une première table ronde organisée mardi 26 mai à Brazzaville en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement, les bailleurs du Fonds bleu du Bassin du Congo se sont engagés à mobiliser plus de trois milliards de dollars pour financer 63 projets bas carbone dans le premier poumon écologique mondial.
« Ensemble, à la suite de vos engagements précis, nous venons de faire un pas supplémentaire vers la réalisation du mandat statutaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo attendu par les États et les populations », a déclaré le président congolais Denis Sassou N'Guesso, qui préside également la Commission climat du Bassin du Congo, qui vise notamment à lutter contre le changement climatique et à faire la promotion de l'économie bleue.
L'objectif de financement du premier programme prioritaire de 70 projets du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo était fixé à 5,72 milliards de dollars par les 17 pays membres de la Commission.
Lors de cette table ronde, le Groupe de la Banque africaine de développement s'est engagé sur un financement préliminaire de 250 millions de dollars pour mettre en oeuvre des projets portés par le mécanisme climatique régional. Le directeur général de l'institution pour l'Afrique centrale, Léandre Bassolé, a souligné, au nom du président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, que les six pays du bassin du Congo (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo) ne pouvaient continuer de supporter seuls le coût de cette responsabilité mondiale. « La table ronde, qui nous réunit aujourd'hui, constitue une réelle opportunité pour nous tous de consentir davantage d'efforts pour mobiliser des ressources en faveur du bassin du Congo. Pour sa part, la Banque africaine de développement poursuivra avec détermination son engagement aux côtés des pays du bassin du Congo et de l'ensemble de ses partenaires afin de mobiliser tous les instruments de financement disponibles. La mise en oeuvre des piliers de ma vision des Quatre Points cardinaux devrait permettre de consolider et élargir nos engagements actuels », a déclaré M. Bassolé, qui prononçait le discours du président Ould Tah.
Deuxième région forestière tropicale humide après l'Amazonie, le bassin du Congo abrite 300 millions d'hectares de forêts et de tourbières, essentiels pour le climat, la biodiversité et l'eau. Il constitue un puits de carbone exceptionnel qui stocke des milliards de tonnes de carbone et fait vivre des dizaines de millions d'Africains dans la sous-région.
À l'issue du tour de table, la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), qui héberge le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, financera l'équivalent de 600 millions de dollars de projets structurants bas carbone. Le Groupe de la Banque mondiale s'est engagé sur un montant d'un milliard de dollars en faveur du Fonds, tandis que la Chambre africaine de commerce de Scandinavie contribuera à hauteur de 600 millions de dollars sous forme de dons. Quant au Fonds vert pour le climat, il apportera 320 millions de dollars dans l'enveloppe de financement des projets.
Pour sa part, le Fonds souverain africain a annoncé un financement de 500 millions de dollars sous forme de garantie financière pour les secteurs publics et privés pour la période 2026-2028.
Les projets portés par la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) s'inscrivent dans le cadre de la mise en oeuvre de l'agenda 2063 de l'Union africaine, la Déclaration de Marrakech et les Plans nationaux des États. Ce premier cycle de financement sera suivi par d'autres initiatives de mobilisation des ressources pour les projets émanant des États de la sous-région, le secteur privé et les acteurs non étatiques.
Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo constitue le principal instrument financier mis en place par la CCBC afin d'accélérer la transition écologique en Afrique centrale et Afrique de l'Est. À ce titre, il a vocation à mobiliser des ressources auprès des contributeurs, des investisseurs, des partenaires techniques et financiers, ainsi que d'acteurs de la philanthropie afin de soutenir des programmes et projets favorisant le développement durable, la résilience climatique, la valorisation des écosystèmes et la promotion d'une économie à la fois bleue et verte.