Ile Maurice: La GSEA hausse le ton sur les heures supplémentaires, les pensions et les «passage benefits»

À quelques jours de la présentation du Budget 2026-2027, la Government Services Employees Association (GSEA) multiplie les démarches auprès des autorités pour faire entendre les préoccupations des fonctionnaires et des retraités du secteur public. Dans trois correspondances adressées au Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, le syndicat réclame des mesures concrètes afin de remédier à plusieurs situations qu'il juge préjudiciables aux employés de l'État.

Parmi les principales revendications figure la question des heures supplémentaires impayées, particulièrement dans le secteur de la santé. Dans une lettre signée par son secrétaire général, Gheerishing Gopaul, la GSEA dénonce une situation qui perdure depuis trop longtemps et qui affecte le moral des travailleurs concernés. «Le fait de dire qu'il n'y a pas d'argent n'est pas une raison suffisante pour ne pas payer ces employés.

Selon les principes du Bureau international du travail, chaque travailleur doit être rémunéré à la hauteur du travail effectué», affirme-t-il.

Le syndicat souligne que de nombreux employés continuent d'assumer leurs responsabilités avec dévouement, souvent au-delà de leurs horaires habituels, sans pour autant percevoir la rémunération qui leur est due.

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La GSEA pointe également du doigt le manque chronique de personnel dans plusieurs secteurs essentiels du service public. Les postes de transport service facilitator, de chauffeur d'ambulance, de pharmacien, d'intendant, de general worker ou encore de cuisinier figurent parmi ceux où les besoins se font le plus sentir.

Plusieurs lettres envoyées

Selon Gheerishing Gopaul, cette pénurie a pour conséquence d'alourdir considérablement la charge de travail des employés en poste. «Dans la pratique, certains travailleurs se retrouvent à effectuer le travail de deux, voire trois personnes. Pourtant, ils ne perçoivent qu'un seul salaire et, dans plusieurs cas, aucune compensation pour les heures supplémentaires accomplies», déplore-t-il.

Le syndicat indique également avoir reçu de nombreuses doléances de membres qui affirment subir des pressions pour effectuer des heures supplémentaires, une situation qui contribue à un sentiment de découragement au sein de plusieurs services.

La GSEA attire aussi l'attention du gouvernement sur les difficultés rencontrées par de nombreux retraités de la fonction publique. Selon l'association, plusieurs anciens employés n'auraient toujours pas reçu la compensation liée à leur dernier salaire. À cela s'ajoutent les attentes entourant les ajustements de pension découlant du rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2025, dont les effets se font toujours attendre.

Le syndicat demande ainsi que les mesures nécessaires soient prises dans le prochain exercice budgétaire et que les éventuels arriérés soient versés afin de ne pas pénaliser davantage les retraités.

Dans une troisième lettre, la GSEA tire également la sonnette d'alarme concernant les retards dans le paiement des «passage benefits» dans plusieurs ministères et départements gouvernementaux. Selon l'organisation syndicale, le manque de fonds alloués à cette prestation entraîne des retards récurrents depuis l'année dernière et affecte un nombre important de fonctionnaires.

Face à cette situation, la GSEA réclame une enveloppe budgétaire plus conséquente afin de garantir le paiement régulier de ces allocations tout au long de l'année financière.

À travers ces différentes démarches, le syndicat entend maintenir la pression sur les autorités afin que les préoccupations des fonctionnaires actifs et des retraités occupent une place importante dans les arbitrages du Budget 2026/2027.

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