Soignées avec une combinaison d'antibiotiques et d'autres produits comme si elles souffraient du paludisme, ces quatre personnes qui ont réussi à guérir de la souche Bundibugyo d'Ebola représentent un espoir dans la lutte contre le variant pour lequel il n'existe toujours ni vaccin, ni traitement, a déclaré le patron de l'OMS auquel elles ont été présentées.
Si l'épidémie d'Ebola de souche Bundibugyo qui sévit actuellement dans l'est de la RDC n'a toujours ni vaccin, ni traitement, c'est malgré tout un petit signe d'espoir dans la lutte contre la maladie. À Bunia, dans la province de l'Ituri, quatre personnes infectées par le virus ont en effet réussi à le vaincre et sont aujourd'hui guéries, ce qui porte à cinq le nombre total de malades qui en ont réchappé.
Appartenant tous au personnel soignant, ces quatre patients ont été présentés au patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Ghebreyesus, qui est toujours en visite dans le pays.
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Des images tournées au Centre médical évangélique de Bunia relayées par le ministère congolais de la Santé montrent une infirmière témoigner de son calvaire. « Ebola est une très mauvaise maladie, j'ai souffert, dit-elle. Aujourd'hui, je dis merci car je suis guéri mais je reste traumatisé par les disparitions autour de moi. Mon médecin traitant, par exemple, est mort. Au départ, nous ne soupçonnions rien et, comme pour beaucoup, c'est en manipulant des malades sans protection que nous avons été contaminés », poursuit celle-ci.
« Vous êtes la preuve vivante que cette épidémie peut être stoppée »
Kinésithérapeute, Mika raconte lui aussi être tombé malade dans les mêmes circonstances. « J'ai été hospitalisé pendant 10 jours à partir du 16 mai. J'ai bénéficié de soins et d'un traitement clinique qui a marché sur moi. Je suis guéri », affirme-t-il pour sa part.
Face à eux, Tedros Gebreyesus se félicite des signaux très encourageants qu'envoie leur guérison dans la lutte contre l'épidémie. « Votre courage donne de l'espoir car vous êtes la preuve vivante que cette épidémie peut être stoppée », leur a-t-il lancé avant de remercier une nouvelle fois les agents de santé pour leur engagement. « Je sais que c'est une période très risquée pour vous, et cela me fait de la peine de voir des professionnels de santé morts à cause d'Ebola alors qu'ils servaient les autres. Vous risquez réellement votre vie en aidant les autres à survivre », leur a-t-il notamment lancé.
Selon le responsable du centre de traitement, les patients qui ont recouvré la santé ont été soignés symptomatiquement avec une combinaison d'antibiotiques et d'autres produits, comme s'ils souffraient du paludisme. Ce qui n'empêche pas les équipes soignantes d'attendre de pieds fermes le vaccin et le traitement homologué pour couper la chaîne de transmission.