La «Fête des Mères» fait partie de ce package de moeurs relativement récentes à l'échelle de notre culture sociale. Des siècles durant et jusqu'à la fin de la royauté (février 1897), nous ignorions tout d'une fête qui ne sera inventée aux États-Unis qu'au début du XXème siècle. Pour qu'une bonne partie de la République n'en avait pas non plus fait l'engouement qu'on lui connaît actuellement, il faut croire à son extrême discrétion dans les années (août 1896- avril 1959) de la parenthèse coloniale. Il n'y a donc pas si longtemps encore, on ne célébrait pas aussi «officiellement» la «Fête des Mères», ni la «Fête des Pères», pas plus d'ailleurs que toutes ces échéances devenues un business de cadeaux et de friandises.
Cela ne signifie nullement qu'avant, l'on aimait moins les parents, mais cette affection n'affichait pas les effusions démonstratives de maintenant. Je ne pense pas appartenir à une famille d'extraterrestres dans laquelle, pendant tellement longtemps, une simple poignée de mains suffisait par tout ce qu'elle exprimait si solennellement. Une époque où tout était en retenue, et pour une fois, chez un peuple aussi loquace en riches «hainteny», une éclatante sobriété de mots.
Mais, désormais, et même chez «ce peuple qui murmure» (Chronique VANF, 01 février 2018), voilà donc la «Fête des Mères» criée sur toutes les enseignes. Au-delà des achats obligatoires, il faudrait ne pas oublier l'essentiel : la dévotion, l'abnégation et l'omniprésence maternelles sont inséparables de la part fondamentale d'éducation qu'une mère inculque à ses enfants. Quelqu'un avait revendiqué l'instruction publique pour changer le monde : plus discrètement, les mères peuvent forger un inconscient collectif national.
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Mères de tous les pays, apprenez à vos fils à respecter les filles qui seront les futures mères de demain. Qu'aucun d'entre eux ne soit celui qui invente de fausses traditions patriarcales et, par exemple, impose aux femmes des règles vestimentaires absurdes comme celle de vivre dans la prison du voile intégral. Que tous les fils apprennent à ne pas piller les richesses du pays ni de s'accaparer le bien commun.
Que vos enfants apprennent à vos côtés les minimas du pouvoir-vivre-ensemble : quant à l'espace vital de chacun ; quant aux bruits et aux odeurs qui importunent autrui ; quant aux bonnes manières de se conduire et de conduire dans l'espace public ; quant au souci du bien-être animal et de la préservation de la Nature ; quant à la conscience du Bien, du Bon, du Beau ; quant au respect de soi et la dignité de tous ; quant à l'éducation civique et l'éducation tout court.