Déchets illégalement déversés, ressources naturelles en voie d'épuisement, empreinte carbone croissante : le secteur de la construction à Maurice ne peut plus faire l'impasse sur sa transformation. C'est autour de cette conviction que le groupe UBP, en partenariat avec Cap Business océan Indien et l'Agence française de développement, a organisé la conférence «Repenser la construction de demain». Ce lundi 1er juin, au Caudan Arts Centre.
L'événement a réuni décideurs, experts et acteurs du terrain pour une journée de réflexion et d'échanges articulée en trois temps : une invitation à repenser les pratiques actuelles, des cas pratiques illustrant le passage de la fin de vie des matériaux à leur seconde vie, et enfin un panorama des collaborations et perspectives locales. Le ministre de l'environnement, Rajesh Anand Bhagwan, a posé les chiffres sur la table : entre 70 000 et 100 000 tonnes de déchets de construction générées chaque année à Maurice, dont 80 % finissent illégalement dans la nature. Face à ce constat, il a rappelé les engagements du gouvernement, notamment la Feuille de route nationale pour l'économie circulaire 2023-2033 et l'élaboration en cours d'un cadre réglementaire dédié aux déchets de chantier.
Côté secteur privé, le groupe UBP a présenté les résultats de son initiative (G)OLD - Making Gold with Old - portée par Gauthier Ledesma, Transformation & Innovation Manager, et illustrée par une exposition photo d'Alexandre Lasemillante retraçant le parcours des matériaux de la démolition à leur réemploi. Un panel réunissant Egyla Ellapen (groupe UBP), Rajen Moonoosamy (ER Property) et Olivier Labauve d'Arifat (General Construction Co Ltd) a exploré les voies concrètes d'une circularité des flux de construction à Maurice.
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Des regards extérieurs ont enrichi les débats : Mahfoud Tahlaïti, enseignant-chercheur à l'Institut catholique des arts et métiers/Centrale Nantes, a mis en perspective les benchmarks internationaux, tandis qu'Erik de Laurens, fondateur de SCALE/Scalite, a ouvert des pistes sur les matériaux émergents issus de déchets organiques. Salimah Jaulim (Cap Business océan Indien) et Amandine Hardowar de Rosnay (Business Mauritius) ont apporté leur éclairage sur les enjeux de partenariats et de transition durable. La philosophe Anouchka Sooriamoorthy, fondatrice d'In The Chaos World, a quant à elle assuré le fil conducteur de la journée, de l'ouverture à la clôture.
Un message traverse l'ensemble des interventions : la transition circulaire dans la construction n'est plus une option. Elle est, pour Maurice, une nécessité économique, environnementale et sociale.