Ile Maurice: Urvasi Pauvaday - «'Conquisitorem' est né d'une nécessité»

À 29 ans, Urvasi Pauvaday poursuit son aventure littéraire avec «Conquisitorem», deuxième volet d'une trilogie fantastique entamée avec «Viatorem» en 2020. Installée à Paris depuis une décennie, où elle travaille dans la finance, l'autrice mauricienne continue de développer, en parallèle, un univers nourri de mondes parallèles, de conflits intérieurs et de quêtes initiatiques.

Dans ce nouvel opus, plus sombre et plus dense, elle approfondit les trajectoires de ses personnages et les tensions qui traversent les six mondes qu'elle a imaginés. Pour l'express, elle revient sur la genèse de ce second tome, sa manière d'écrire et la suite de la trilogie.

Après «Viatorem», vous publiez aujourd'hui «Conquisitorem». Que représente ce deuxième livre pour vous ?

Conquisitorem représente la continuité naturelle d'un voyage que je n'étais pas prête à interrompre. Après Viatorem, j'avais le sentiment de ne pas avoir terminé d'explorer les six mondes que j'avais créés. Ils étaient encore trop vastes, trop mystérieux, trop riches en possibilités pour que je referme déjà cette page.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Ce deuxième livre m'a permis d'approfondir l'histoire des personnages, leurs relations, leurs peurs et leurs ambitions. Je voulais aussi montrer que, dans un univers fantastique, tout n'est pas seulement merveilleux. Il y a aussi de la violence, de l'injustice, du danger et des vérités difficiles à accepter.

Pour moi, Conquisitorem traduit cette envie de retourner dans ces mondes pour en dévoiler davantage les zones d'ombre et montrer que chaque voyage transforme profondément ceux qui l'entreprennent.

Le titre «Conquisitorem» évoque l'idée de conquête. Pourquoi ce choix ?

Le mot est inspiré du latin et renvoie à la figure du conquérant, mais je voulais surtout qu'il devienne un terme propre à mon univers.

Dans le roman, le personnage principal est perçu comme celle qui pourrait vaincre le mal qui menace ces mondes, celle sur laquelle reposent beaucoup d'espoirs. Mais cette image de «conquérante» devient aussi un poids, presque un fardeau.

Le terme dépasse donc sa définition classique. Il appartient à l'histoire, aux croyances et aux peurs des personnages. C'est aussi, selon moi, l'un des grands pouvoirs de l'écriture : pouvoir dépasser les définitions établies, inventer ses propres règles et donner une nouvelle vie aux mots.

Ce deuxième tome paraît plus sombre et plus mature. Était-ce volontaire ?

Oui, en partie. Viatorem posait les bases de l'univers. Conquisitorem va plus loin dans l'exploration des personnages et de ces mondes parallèles. Les enjeux deviennent plus personnels et plus lourds. Les personnages sont confrontés à des choix plus difficiles, tandis que certaines réponses commencent à émerger. J'ai moi-même conçu la couverture après avoir terminé l'écriture du roman. Je voulais qu'elle reflète le feu destructeur d'une guerre qui traverse l'histoire, mais aussi les lumières d'espoir qui subsistent malgré tout. Ce sont les deux grandes forces qui structurent ce livre.

Peut-on lire «Conquisitorem» sans avoir lu «Viatorem» ?

Honnêtement, non. Viatorem pose les bases de l'univers et du parcours des personnages. Conquisitorem poursuit directement cette histoire. Le premier tome possède une intrigue qui peut se suffire à elle-même, mais il est nécessaire pour comprendre pleinement les enjeux et les relations développés dans le deuxième livre.

Comment décririez-vous votre manière d'écrire ?

L'écriture reste avant tout une passion, et non un métier. C'est aussi pour cela que je n'ai pas de méthode figée. Je peux écrire partout : sur un carnet, une feuille ou mon ordinateur. Mais je n'écris que lorsque j'en ressens l'envie. Je ne me fixe ni horaires ni objectifs précis. Il peut m'arriver de ne pas écrire pendant plusieurs mois, puis de consacrer des journées entières à mon roman.

Je tiens à préserver cette liberté. Je ne veux pas que l'écriture devienne une contrainte.

Quant à l'inspiration, je réalise aujourd'hui que la musique instrumentale joue un rôle important. Elle m'aide à entrer dans l'univers de mes personnages et dans l'atmosphère des mondes que j'imagine.

Que pouvez-vous nous dire du troisième volet de la trilogie ?

Le troisième livre viendra conclure le chemin ouvert par Viatorem et intensifié par Conquisitorem. Il abordera davantage les conséquences, la vérité et l'aboutissement de cette aventure.

J'ai déjà commencé à l'écrire. D'ailleurs, les premiers chapitres existaient avant même Conquisitorem. Puis je me suis rendu compte qu'il manquait une étape entre le premier tome et la conclusion. C'est ainsi que Conquisitorem s'est imposé comme une nécessité.

Le dernier volet, Novatorem, viendra donc clore la trilogie et donner son véritable aboutissement au voyage commencé avec Viatorem.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.