En Afrique du Sud, le Parti communiste a organisé ce week-end une Conférence des gauches. L'objectif affiché est d'unifier les forces de gauche autour de priorités communes. Une initiative qui s'inscrit dans un contexte de tensions grandissantes au sein de l'alliance historique entre l'ANC et le Parti communiste. Ce dernier a annoncé en avril se présenter indépendamment du parti de Nelson Mandela aux élections municipales de novembre prochain.
Au terme de trois jours de discussions et débats, le secrétaire général du Parti communiste, Solly Mapaila dévoile la déclaration adoptée par les participants, partis politiques, syndicats, et organisations de société civile. « Cette conférence est une démarche collective visant à reconstruire un pouvoir organisé de la classe ouvrière et des pauvres, à renforcer l'unité à travers les forces de gauche et progressistes, et à adopter un programme d'action commun pour la période actuelle », explique-t-il.
Un programme vaste et général, qui va de la dénonciation de la xénophobie à la lutte contre l'impérialisme. La Conférence a réuni des partis importants comme l'EFF de Julius Malema et le MK de Jacob Zuma. L'invitation de ce dernier, aux valeurs guère alignées avec la gauche, à d'ailleurs fait polémique.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
L'enjeu est de s'affirmer
Mais pour le Parti communiste, l'enjeu est de s'affirmer, en dehors du giron de l'ANC, explique Dale McKinley, analyste politique. « Ce débat de se séparer ou non de l'ANC dure depuis 1994. La différence aujourd'hui, c'est que l'ANC est plus faible que jamais. Il dirige un gouvernement minoritaire, précise-t-il. Donc je pense que le parti communiste cherche d'autres options, car il peut avoir cette crainte, compréhensible, que s'il poursuit cette alliance avec l'ANC, il plongera avec l'ANC. »
Une volonté contrebalancée par l'hésitation du parti à totalement se détacher de l'ANC. Nombre de ses membres sont toujours affiliés aux deux formations. Une ambivalence perçue par certains comme une hypocrisie, notamment le grand syndicat SAFTU, qui a refusé de participer à la conférence.