Au Gabon, la vente dans les rues et les marchés des jus de bissap, de gingembre et des glaces connues sous l'appellation lait caillé est désormais suspendue. La décision a été prise par l'Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), qui évoque des raisons sanitaires et de protection des consommateurs. Mais la décision, qui est tombée comme un couperet, est assez critiquée.
Au petit marché des Charbonnages dans le Ier arrondissement, il suffit de tendre le micro pour entendre les Gabonais se féliciter de la décision de suspendre la vente du jus de bissap, gingembre et des glaces. « L'Agasa a fait fort d'interdire le bissap et le lait caillé. Moi je dis chapeau, super ! Nos enfants consomment n'importe quoi », témoigne l'un d'entre eux. « Ils ont raison, parce qu'on ramasse partout des bouteilles. Je vois quelqu'un boire le jus, il le balance, la personne vient ramasser et après on met le bissap dedans. Ce n'est pas normal », ajoute une Gabonaise.
Les jeunes sont généralement les plus grands clients de ces boissons. Marcel, un élève de 17 ans, a repéré avec plaisir une femme qui vend discrètement de la glace. « Le lait caillé, le bissap et le gingembre, c'est, on va dire, le vin du pauvre ou de l'enfant du pauvre. Quand tu n'as pas beaucoup gagné sur ce mois, tu peux te permettre seulement ça », affirme le jeune.
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Décision brutale
De nombreuses familles qui vivent du commerce de ces boissons déplorent une décision brutale sans mesures d'accompagnement. « On ne peut pas refuser, on va respecter. Mais on peut dire qu'ils n'ont pas pensé, à nous, ça nous a surpris ».
Ces boissons sont beaucoup consommées grâce à leur prix : 50, 100 ou 200 francs CFA seulement. Mais le dosage du sucre, les conditions d'hygiène de fabrication et la conservation posent problème, selon l'Agence gabonaise de sécurité alimentaire, qui veut normaliser le secteur.
La première solution, c'est de former [les opérateurs] aux techniques de production saines de ces produits, les orienter vers des fournisseurs et du matériel adéquat, pour qu'ils puissent vivre convenablement de leur activité.