Le scrutin qui aura lieu lundi 1er juin ne suscite qu'un intérêt très limité chez les Éthiopiens qui estiment son résultat joué d'avance. Beaucoup jugent en outre que les débats politiques en cours sont très éloignés de leurs préoccupations.
Les Éthiopiens sont appelés aux urnes, lundi 1er juin, pour élire leurs députés qui, à leur tour, désigneront le nouveau Premier ministre du pays. Mais à quelques heures du scrutin, ces élections législatives ne suscitent, sans surprise, que très peu d'intérêt chez les électeurs après des mois d'une campagne atone dans laquelle l'opposition a eu bien du mal à faire entendre sa voix.
Dans le salon de coiffure bondé de Binyam, dans le quartier de Haya Huwlet, dans l'est d'Addis Abeba, les conversations tournent ainsi davantage autour de la finale de la Ligue des champions que le scrutin à venir, ce qui ne surprend pas le propriétaire des lieux. « Les gens ne prêtent pas trop attention à ce vote car pour eux, tout est déjà joué d'avance, tout est déjà calculé. On connaît le résultat et rien ne changera ! », déclare celui-ci.
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« La politique, ça ne m'intéresse pas plus que ça et, à l'heure actuelle, je n'y prête pas vraiment attention. J'aurais pu voter pour un candidat de l'opposition qui, à mon avis, le mérite mais, finalement, je n'ai même pas pris la peine de m'inscrire sur les listes et de prendre ma carte électorale », confirme Yohanes, un client qui ne cache pas sa lassitude face à la situation politique du pays.
« Les gens sont davantage préoccupés par les tensions qui traversent le pays que par la politique »
Employée du salon de coiffure, Semhal regrette quant à elle qu'au Tigré, le scrutin n'ait pas lieu à cause de l'insécurité. « Les gens sont davantage préoccupés par les tensions qui traversent le pays que par la politique : tant de gens prennent la direction de la Libye pour quitter le pays, vous savez. La population s'inquiète plutôt de ce genre de choses car cela la stresse beaucoup. Donc, tant que ce problème ne sera pas réglé, personne ne s'intéressera aux élections », affirme-t-elle.
Si le risque d'abstention est donc fort, la Commission électorale se félicite toutefois que 50 millions d'électeurs soient inscrits sur les listes électorales cette année, soit 13 millions de plus qu'en 2021.