Congo-Kinshasa: Matadi - Les artisans du marché Gondola alertent sur la baisse des ventes d'oeuvres d'art

Les artisans du marché Gondola à Matadi (Kongo-Central) peinent à vendre leurs oeuvres d'art, en raison du faible intérêt de la population locale. Ils tirent la sonnette d'alarme face à ce désintérêt qui menace sérieusement leur activité.

Ce marché, également appelé « Wenze ya Bikeko » (marché des oeuvres d'art), regroupe des artisans qui exposent des sculptures, des objets décoratifs, des peintures ainsi que diverses créations inspirées de la culture africaine. Selon ces derniers, la méfiance des habitants serait liée à certaines croyances religieuses associant notamment les sculptures en bois à des fétiches.

Rencontrée par Radio Okapi alors qu'elle faisait ses courses à proximité du marché, Evelyne Tsimba, mère de famille, explique les raisons de sa réserve :

« Sans mentir, je n'ai jamais acheté une oeuvre d'art pour mettre dans ma maison. Parfois, ils font des masques qui font peur. Aujourd'hui, nous avons compris certaines choses dans la spiritualité, donc je préfère éviter d'en acheter ».

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Face à ces perceptions, les artisans expriment leur inquiétude. Mavinga Mbadu, vendeur de sculptures en bois sur ce marché depuis 1978, regrette le manque d'intérêt local :

« Nos compatriotes de Matadi ne sont pas des amateurs d'oeuvres d'art. Ce sont les Occidentaux qui achètent souvent. Ces oeuvres d'art que nous faisons, tout le monde peut s'en procurer. Comment expliquez-vous que les Occidentaux viennent acheter ? Sont-ils des sorciers ? Vivent-ils des expériences paranormales à cause de ces oeuvres d'art ? »

Selon lui, certaines églises contribuent à entretenir la méfiance au sein de la population :

« Elles font croire qu'il y a de la sorcellerie dans ces figurines. Il n'en est rien pourtant. Qu'ils viennent acheter, nous allons nous entendre sur les prix. Il y en a pour 10 dollars, même 5 dollars. Ce n'est pas du tout cher ».

Si aucune solution n'est trouvée, prévient Mavinga Mbadu, ce marché historique, actif depuis 1978, risque de disparaître. Une situation préoccupante, d'autant plus que cette activité constitue la principale source de revenus pour de nombreux artisans.

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