Dans le marché des édulcorants (substituts du sucre), une entreprise sénégalaise trace son sillon. Lateef Entreprise, qui commercialise la marque Sucria, a réussi la prouesse de damer le pion aux produits importés. Elle ambitionne désormais de se déployer à l'international.
Ils ont abandonné des postes prestigieux aux États-Unis pour tenter le pari de l'entrepreneuriat dans leur pays d'origine, le Sénégal. L'histoire débute en 2015 lorsqu'un groupe de Sénégalais ayant fait leurs études et travaillant aux États-Unis crée Lateef Entreprise, qui commercialise Sucria, un édulcorant (substitut du sucre, communément appelé « sucre diabétique »).
Dix ans après, ce qui était un pari est devenu une success story. « Nous avons atteint notre objectif premier d'être l'édulcorant de référence sur le marché sénégalais avec un prix accessible au pouvoir d'achat des ménages », explique Momar T. Mbaye, membre fondateur et directeur commercial de Lateef Entreprise.
L'impact social est réel : 100 emplois créés avec l'ambition d'atteindre 500 d'ici 2030.
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« Ce qui nous a motivés, c'est que les édulcorants qui étaient présents sur le marché sénégalais n'étaient pas des produits haut de gamme. Ce sont des produits découverts dans les années 1970-1980 et cela nous faisait mal », explique Amadou B. Diop, également cofondateur de Lateef Entreprise et directeur des opérations.
Le secret de cette réussite réside dans une approche qualité. Les initiateurs ont misé sur l'innovation, la recherche et une bonne étude du marché afin de proposer un produit répondant aux normes de qualité-prix.
Toutefois, les défis ne manquent pas. La marque Sucria doit faire face aujourd'hui à « une concurrence dispersée » mais réelle avec des produits importés de moindre qualité et coûtant moins cher.
L'État doit aussi accompagner ces entreprises dans leurs stratégies de déploiement à l'international. C'est tout le sens de l'initiative SunuChampions lancée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le 28 avril 2026, visant à sélectionner des entreprises nationales à fort potentiel et à les accompagner vers la compétitivité régionale et internationale.
Fidèles à l'esprit américain, les fondateurs de Lateef Entreprise n'attendent pas spécifiquement une aide de l'État. « Nous voulons soutenir l'État dans la mise en oeuvre de sa politique de santé publique et en créant des emplois », déclare M. Mbaye. L'enjeu est important. Selon les données du ministère de la Santé, les maladies chroniques non transmissibles (diabète, hypertension, cancers) sont responsables de 53 % des décès au Sénégal.
Un problème de santé publique lié à une mauvaise alimentation. En effet, beaucoup d'études ont montré que les Sénégalais mangent trop sucré, trop salé et trop gras.