La Banque du Ghana a suspendu une proposition de frais de 0,75 % sur les transferts d'argent mobile à la banque par l'unité fintech de MTN Ghana, mettant fin à la charge avant qu'elle ne prenne effet le 1er juin.
La banque centrale a déclaré qu'elle avait demandé à Mobile Money Fintech Limited, la filiale d'argent mobile de MTN Ghana, de suspendre les frais en attendant de nouvelles consultations avec les parties prenantes du secteur. Cette décision affecte l'un des canaux de paiement numérique les plus utilisés au Ghana, où les portefeuilles mobiles font partie du commerce quotidien.
Cette décision intervient moins de deux mois après que le groupe MTN a achevé la séparation de son activité d'argent mobile au Ghana en Mobile Money Fintech Limited. La restructuration avait pour but de faire de la fintech une activité de croissance autonome, de soutenir les services de paiement et de prêt et de préparer l'unité à un éventuel investissement stratégique.
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Le Ghana est l'un des plus grands marchés d'argent mobile de MTN. Le pays a enregistré 518,4 milliards de GH¢, soit environ 44,5 millions de dollars, en transactions d'argent mobile en 2025, soit une hausse de 58,3 % par rapport à l'année précédente. Les volumes de transactions ont augmenté de 38,1 % pour atteindre 982 millions, tandis que les portefeuilles d'argent mobile actifs ont augmenté de 13,6 % pour atteindre 26,7 millions.
La suspension des frais met en évidence la pression exercée sur la tarification des paiements numériques au Ghana. Les utilisateurs d'argent mobile ont déjà dû faire face à la taxe sur les transferts électroniques, introduite en 2022 à 1,5 % avant d'être réduite à 1 % en 2023. La banque centrale a déclaré que les consultations se poursuivront avant qu'une décision finale ne soit prise sur la structure tarifaire proposée par MMFL.
Points clés à retenir
L'intervention de la Banque du Ghana montre que l'argent mobile est devenu trop important pour être traité comme une activité tarifaire normale. Les transferts de portefeuille à banque ne représentent qu'environ 7 % de la valeur des transactions d'argent mobile, mais ils relient les portefeuilles mobiles au système bancaire et aident les utilisateurs à transférer des fonds entre les canaux financiers formels et informels. Une nouvelle taxe de 0,75 % pourrait accroître les revenus de l'unité fintech de MTN, mais elle pourrait aussi augmenter les coûts pour les consommateurs et les petites entreprises qui paient déjà des taxes et des frais sur les transferts électroniques.
Le moment est important car MTN vient de séparer son activité fintech du Ghana, ce qui rend la tarification et la rentabilité plus visibles. Les régulateurs sont susceptibles de surveiller toute modification des frais qui pourrait affecter l'inclusion financière, la concurrence ou la confiance dans les paiements numériques. Le marché ghanéen de l'argent mobile est vaste, avec 26,7 millions de portefeuilles actifs et près de 491 000 agents actifs, de sorte que même des frais minimes peuvent avoir des effets importants. La prochaine décision montrera jusqu'où la banque centrale est prête à laisser les opérateurs fintech monétiser les rails de paiement tout en protégeant les utilisateurs.