Cote d'Ivoire: Le district autonome d'Abidjan fait raser sans ménagement le quartier Zimbabwe

En Côte d'Ivoire, les « déguerpissements » ont repris. Une dizaine de jours après la destruction de trois quartiers précaires de Cocody, le district autonome d'Abidjan a lancé mardi 2 juin une nouvelle « opération de rétablissement de l'ordre urbain » à Vridi-3, aussi connu sous le nom de Zimbabwe - ce quartier de pêcheurs de 28 hectares est tout proche du port autonome de la capitale économique ivoirienne. Des milliers d'habitants viennent d'en être délogés sans ménagement.

Sous l'oeil des policiers, une poignée de tractopelles éventrent les cases du quartier. Fofana est boulanger. Il vit à Vridi-3 depuis 30 ans. « On ne nous a pas avertis, la machine est venue tout gâcher. C'est chez moi ici, c'est mon lieu de travail qui était ici. Je n'ai rien enlevé. Tout mon argent, tout, mes papiers, tout est resté dedans », témoigne-t-il.

À peine informés, des centaines d'habitants accourent dans les ruelles boueuses. Il faut sauver les meubles, les télés, les matelas... Dans le chaos, quelques-uns crient leur colère.

« On ne sait pas où on va partir »

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Selon un communiqué du district autonome d'Abidjan, la capitale économique de Côte d'Ivoire, le déguerpissement était annoncé depuis plusieurs mois, et des actions de sensibilisation avaient été menées. L'objectif, entre autres, est de protéger les résidents des risques de la saison des pluies. Saïdou Traoré est l'un des responsables du centre de santé du quartier. Il conteste cette version. « Non, ce n'est pas comme ça ! Il pleut, il y a jamais eu d'inondation ici, il n'y a jamais eu d'éboulement. Pourquoi venir ce matin avec les machines, sans même échanger ? C'est seulement la police qu'ils envoient », assure-t-il.

Des familles regroupent leurs sacs sur un terrain vague, à l'écart des tractopelles, mais sous la menace de la pluie. « Il n'y a rien, on n'a pas d'argent ! On va partir où ? On ne sait pas où on va partir », s'inquiète une Abidjanaise.

Contacté par RFI, le district d'Abidjan assure avoir toujours respecté les procédures et exhorte les populations dans les zones à risque à se mettre hors de danger en les quittant immédiatement. Selon le chef du quartier, plus de 30 000 personnes vivaient à Vridi-3.

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