Congo-Kinshasa: Ebola - La «riposte» se met en place, le patron de l'OMS appelle à la solidarité internationale

Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est arrivé en RDC jeudi 28 mai pour apporter son soutien à la population congolaise. Il a appelé à la solidarité internationale. Le ministre congolais de la Santé était lui vendredi dans la province de l'Ituri, dans l'est du pays, où a été déclarée l'épidémie il y a deux semaines, assurant que « la riposte » contre Ebola « est en train de se mettre en place ».

Dès sa descente de l'avion jeudi 28 mai, en soirée, le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a commencé ses rencontres. Il s'est d'abord entretenu avec le représentant du secrétaire général des Nations unies dans le pays, James Swan, et le coordonnateur humanitaire résident Bruno Lemarquis.

Tedros Ghebreyesus est arrivé avec un message clair en RDC. « Il est venu dire aux populations congolaises qu'elles n'étaient pas seules », explique un membre de la délégation. L'OMS se tient au côté du gouvernement pour renforcer la riposte face à l'épidémie. « Nous sommes là pour apporter un soutien et de l'aide », ajoute cette même source, qui estime que le pays a toute « l'expertise » pour vaincre cette nouvelle épidémie.

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Le directeur de l'OMS plaide aussi pour plus de solidarité internationale. Un message qu'il a notamment relayé aux ambassadeurs et aux bailleurs qu'il a rencontrés vendredi matin : « Pour lutter contre Ebola, il ne faut pas fermer les frontières, mais augmenter les ressources », a-t-il martelé.

À Bunia, on s'organise pour lutter contre l'épidémie

Pendant ce temps, le ministre congolais de la Santé Samuel Kamba était à Bunia, dans la province de l'Ituri, ce vendredi. Il s'est voulu rassurant, estimant que « la riposte est en train de se mettre en place » face à Ebola.

Dans Bunia, les affiches de sensibilisation, les message à la radio et les dispositifs de lavage de mains se multiplient. De nombreuses écoles ont pris des dispositions pour prévenir la propagation du virus.

« Nous avons mis des dispositifs de lavage dans toutes les entrées et devant chaque salle de classe pour permettre à ce que les enfants, en entrant comme en sortant, puissent se laver, témoigne Thierry Lokuni Nembe, secrétaire général académique de l'ISP Bunia. On a pris des mesures de distanciation, interdit les sports qui exigent le contact au corps à corps, et, enfin, nous avons désinfecté toutes les salles de classe, tous les bureaux, toutes les toilettes... »

00:52 « Il faut qu'on protège les enfants plutôt que de fermer les écoles », dit Thierry Lokuni Nembe

Alexandra Brangeon En arrivant à Bunia, le ministre de la Santé Samuel Kamba a d'ailleurs indiqué qu'aucune fermeture d'école n'était prévue.

Des « besoins énormes » dans les camps de déplacés

Ailleurs la riposte est plus lente, notamment dans les deux camps de déplacés de la ville. Dans le site ISP, qui compte 11 000 déplacés, des sensibilisateurs passent tous les jours pour faire de la prévention. Mais les points d'eau manquent toujours, déplore Olivier Karba, président de l'association des déplacés. « Cinquante lavabos ont été installés dans les sites de déplacés, alors les gens sont vraiment soulagés. Mais les besoins restent encore énormes pour respecter les règles d'hygiène », explique-t-il.

La riposte est également confrontée au scepticisme de certains. De nombreux cas de maladie sont traités à la maison ou par des tradi-praticiens confie une habitante.

À son arrivée à Bunia, le ministre de la Santé Samuel Kamba a d'ailleurs appelé la population à ne pas cacher les malades, au risque d'être soi-même contaminé, et de diminuer les chances de guérir cette personne.

Les ONG s'adaptent

Dans la province de l'Ituri, plusieurs ONG interviennent, comme Action contre la faim. L'organisation intervenait déjà dans la zone pour lutter contre la crise humanitaire, notamment à Mongwalu, localité aujourd'hui la plus touchée par la maladie. L'ONG a donc dû adapter ses opérations pour répondre à cette double crise de grande ampleur.

« Le plus grand défi pour l'ensemble des humanitaires, mais également pour Action contre la faim, c'est l'ampleur de l'épidémie et le retard qu'on a pris dès le début lors de la déclaration par le ministère de la Santé, témoigne Julie Drouet, directrice pays d'Action contre la faim en RDC. [...] L'enjeu principal c'est de réussir à contenir cette épidémie sur les différents foyers tout en maintenant les autres programmes humanitaires qu'on a dans cette zone qui est, encore une fois, une zone très vulnérable. »

« L'enjeu, c'est de réussir à contenir l'épidémie en maintenant les autres programmes humanitaires », selon Julie Drouet, directrice pays d'Action contre la faim en RDC

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