Au Burkina, la grande mosquée sunnite de Ouagadougou est sous surveillance. Actuellement, les alentours de la mosquée sont bouclés et la police est sur place, une mesure mise en place par les autorités après l'annonce jeudi 28 mai de la fermeture « jusqu'à nouvel ordre » de la mosquée, pour « risques de troubles à l'ordre public ». Mardi soir, veille de la Tabaski, des manifestations avaient eu lieu, menées par les fidèles de la mosquée qui réclamaient la libération de leur imam disparu. C'est l'aboutissement d'une semaine de tensions.
Certains fidèles ne cachent pas leur inquiétude : « Depuis les manifestations, je n'osais plus y aller », affirme l'un d'entre eux. À quelques heures de la prière de ce vendredi 29 mai, certains prévoient à défaut de se rendre plutôt à la mosquée de Ouaga 2000.
Pour justifier la fermeture, les autorités mentionnent des « troubles à l'ordre public ». Mardi dernier, des manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène et plusieurs d'entre eux avaient été arrêtés. Ils réclamaient la libération de l'imam de la mosquée, l'imam Kindo, interpellé par des policiers à son domicile le matin même.
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Quelques jours avant son arrestation, l'imam avait ouvertement critiqué sur les réseaux sociaux un projet de loi visant à interdire la construction « d'édifices religieux » au sein des bâtiments publics.
Depuis, des images circulent sur les réseaux sociaux : on y voit un groupe d'hommes en tenue militaire faire la prière de la Tabaski. Ils sont présentés comme étant les manifestants de la mosquée, envoyés en formation pour rejoindre le front. Dans le même temps, un faux communiqué annonçant la mort de l'imam Kindo a aussi circulé sur les réseaux, avant d'être démenti par les autorités.