Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont « closes », ont annoncé ses avocats mercredi 3 juin, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison.
Les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud ont fait savoir dans un communiqué sur Facebook que la Cour de cassation avait « définitivement statué » sur ce dossier en date du 25 mai. Elle a « pris acte du désistement du pourvoi » de M. Gleizes et a « rejeté au fond » un autre recours introduit par le parquet.
Christophe Gleizes avait retiré en mars un pourvoi en cassation
Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur la JSK, une prestigieuse équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », une peine confirmée en appel en décembre dernier.
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Il avait retiré en mars un pourvoi en cassation et le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle résidait dans le pourvoi déposé par le procureur général. « Le débat juridictionnel étant désormais clos, l'avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président » Abdelmajid Tebboune, ont ajouté les avocats à propos de la grâce du journaliste réclamée par sa famille.
L'avocat algérien et son collègue français ont dit exprimer « formellement le vœu » qu'une « mesure de grâce présidentielle soit accordée dans les plus brefs délais afin d'apporter un dénouement rapide et humain à cette affaire ».
Une grâce à l'occasion de la fête du 5 juillet ?
En Algérie, les présidents accordent traditionnellement leurs grâces lors des fêtes religieuses musulmanes et aussi à l'occasion de la fête du 5 juillet, qui célèbre l'indépendance du pays acquise au terme de 132 ans de colonisation française et huit années d'une guerre sanglante (1954-1962).
« Nous attendions cette nouvelle depuis (...) mi-mars et nous en sommes particulièrement heureux », a déclaré à l'AFP Sylvie Godard, la mère du journaliste.
Le sort de M. Gleizes, qui fait partie de nombreux sujets de tension entre Paris et Alger, a encore été évoqué lundi 1er juin lors d'une rencontre à Paris entre le ministre de l'Intérieur algérien Saïd Sayoud et son homologue français Laurent Nuñez.
La décision de la Cour de cassation « ouvre la voie à une grâce présidentielle, seule issue pour le drame humain que vivent Christophe Gleizes et sa famille », a indiqué à l'AFP Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), qui chapeaute le comité de soutien à Christophe Gleizes.
« A quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde », qui démarre le 11 juin aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, « il est indispensable que Christophe retrouve les siens et la tribune presse des stades », a-t-il ajouté.