Niger: Le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine inaugure une centrale électrique de 40 MW

En inaugurant une nouvelle centrale électrique de 40 MW à Niamey aux côtés de son partenaire algérien, le gouvernement nigérien marque un coup double: oxygéner l'économie nationale asphyxiée par les délestages et acter un tournant géopolitique majeur au Sahel.

C'est un signal fort de résilience et de pragmatisme économique que le Niger vient d'envoyer sur la scène continentale. Ce mercredi, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, et son homologue algérien, Sifi Ghrieb, ont officiellement mis en service la nouvelle centrale électrique de Gorou Banda. D'une capacité de 40 MW, cette infrastructure stratégique entièrement financée sous forme de don par l'Algérie  s'apprête à transformer le quotidien de la capitale, Niamey, et de ses zones industrielles périphériques.

Le chef du gouvernement nigérien marque ses empreintes. Il parle peu et travaille beaucoup. Dotée de deux turbines à gaz de 20 MW chacune, cette centrale ne représente pas seulement des mégawatts supplémentaires sur un réseau national structurellement déficitaire; elle symbolise le refus du fait accompli face aux sanctions et aux pressions extérieures.

Niamey pose les jalons d'une véritable sécurité énergétique

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Pour le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, l'enjeu est avant tout national et vital. Le Niger subit depuis trop longtemps un déficit énergétique chronique qui paralyse ses ambitions de développement. En saluant avec force la qualité de ce partenariat et la diligence d'Alger, les autorités nigériennes posent les jalons d'une véritable sécurité énergétique. L'impact économique attendu est immédiat: réduction drastique des délestages qui plombent le secteur informel et les PME, sécurisation de la continuité de service pour les infrastructures critiques (hôpitaux, universités, administrations) et amélioration de l'attractivité des investissements dans la zone industrielle de Niamey.

«L'accès à une énergie fiable et abordable n'est pas un luxe, c'est le carburant indispensable de notre industrialisation et de notre compétitivité », a affirmé à Confidentiel Afrique, un conseiller économique du Premier ministre nigérien.

Au-delà de la prouesse technique, l'inauguration de Gorou Banda est une démonstration de force sur l'échiquier international. Alors que les partenaires occidentaux traditionnels ont choisi la politique de la chaise vide et la suspension de leur coopération, le Niger prouve qu'il sait diversifier ses alliances stratégiques avec rapidité et efficacité.

Alger comble le vide avec des infrastructures concrètes

Pour l'Algérie, ce projet s'inscrit dans un repositionnement géo-économique ciblé au Sahel. Alger comble le vide, non pas avec des promesses conditionnelles, mais avec des infrastructures concrètes.

Mais Niamey ne compte pas s'arrêter là. Sous la supervision directe des chefs d'État, la coopération algéro-nigérienne est déjà en train de se déployer sur d'autres secteurs névralgiques avec l'optimisation des ressources locales et les transferts de compétences dans le domaine des hydrocarbures et de l'énergie. Dans le secteur des infrastructures et des transports, on assiste à une accélération des projets de désenclavement de la région sahélienne. On peut aussi retenir le domaine de la souveraineté technique chère au gouvernement Zeine qui entend procéder à une coopération accrue dans la numérisation, l'enseignement supérieur, la formation professionnelle et la santé.

En s'alliant à un géant énergétique comme l'Algérie, les autorités de transition démontrent qu'elles n'attendent plus le feu vert des anciennes puissances tutélaires pour bâtir l'avenir du pays. Gorou Banda est la preuve par l'action que la solidarité africaine, lorsqu'elle est libérée des lourdeurs bureaucratiques, demeure le levier le plus puissant pour l'émergence du continent.

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