Sur 38 pays africains sondés, les Comores se classent au dernier rang en matière de perceptions de liberté d'expression, d'association et de vote.
Key findings
- La majorité (65%) des Comoriens soutiennent que les médias devraient être libres de publier n'importe quelles opinions ou idées sans le contrôle du gouvernement.
- Six citoyens sur 10 (61%) pensent que les médias devraient constamment enquêter et publier sur la corruption et les erreurs du gouvernement.
- Cependant, deux tiers (67%) des Comoriens disent que dans leur pays, les médias ne sont « pas très libres » ou « pas du tout libres » de diffuser et de commenter l'actualité sans censure ni ingérence du gouvernement.
- Six citoyens sur 10 (61%) se disent libres de voter sans pression, mais moins de la moitié (46%) se sentent libres d'adhérer à une organisation politique, et seuls 21% déclarent être libres d'exprimer leurs opinions.
- Sur les 38 pays sondés en 2024/2025, les Comores se classent au dernier rang en matière de perceptions de liberté d'expression, d'association et de vote.
- Plus de la moitié (53%) des Comoriens déclarent que leur pays « n'est pas une démocratie », en plus des 25% qui affirment que c'est « une démocratie avec des problèmes majeurs ».
- Une forte majorité (82%) des répondants se disent insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne aux Comores.
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Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la transparence de la gouvernance, ainsi que la liberté et l'indépendance des médias figurent parmi les éléments essentiels au bon fonctionnement d'une démocratie (Nations Unies, 2026). En effet, la démocratie ne se limite pas à la simple tenue d'élections régulières, mais repose également sur l'épanouissement de certaines libertés fondamentales.
Depuis son indépendance, les Comores ont connu plusieurs périodes d'instabilité politique, marquées notamment par des coups d'Etat, des tentatives de sécession et des tensions inter-îles. La révision de la Constitution en 2009 a constitué un tournant, instaurant un système d'alternance politique entre les trois îles d'Anjouan, Grande Comore et Mohéli.
Cependant, la révision contestée de la Constitution en 2018 a aboli ce système d'alternance présidentielle, centralisant le pouvoir à la Grande Comore. Si, en soi, une révision constitutionnelle ne conduit pas nécessairement à une régression des libertés, dans ce cas précis, ces changements institutionnels ont été associés à un recul des libertés civiles et politiques (Groupe de la Banque Africaine de Développement, 2025 ; Freedom House, 2026).
Le Code de l'Information et de la Communication (2021) a établi le cadre juridique des médias et reconnu ses droits et ses responsabilités (Mhadji, 2022). Cependant, les journalistes continuent de subir des intimidations et des arrestations arbitraires. Selon le classement mondial de la liberté de la presse, les Comores occupent la 72e place sur 180 pays, contre la 44e place en 2017 (Perez, 2025 ; Reporters Sans Frontières, 2026).
Quelles sont les perceptions des Comoriens sur les questions de liberté, d'autonomisation des médias et de démocratie ?
La majorité des Comoriens souhaitent que les médias puissent être libres de diffuser toutes les idées et opinions sans interférence du gouvernement, et veulent qu'ils enquêtent et publient régulièrement sur la corruption et les erreurs du gouvernement. Cependant, deux tiers des citoyens déclarent que les médias ne sont pas véritablement libres de commenter l'actualité sans censure ni ingérence gouvernementale.
La majorité des Comoriens estiment ne pas être suffisamment libres de s'exprimer, et moins de la moitié affirment jouir de la liberté d'association. Six citoyens sur 10 déclarent jouir de la liberté de voter sans pression. Sur les trois indicateurs de liberté, les Comores se classent dernières parmi les 38 pays africains sondés en 2024/2025.
Plus de la moitié des citoyens estiment que leur pays n'est pas une démocratie. En conséquence, une large majorité des Comoriens se déclarent insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne dans leur pays.