La ville de Bordeaux a décidé de ne pas intégrer à ses collections publiques un ensemble d'objets africains légués par une collectionneuse française, ouvrant ainsi la voie à leur restitution éventuelle aux pays dont ils sont issus.
Réuni en séance municipale le 1er juin, le conseil municipal a approuvé à l'unanimité le refus de la donation laissée par Marie-Thérèse Petit, ancienne sage-femme décédée en 2022. Cette dernière souhaitait transmettre à la ville sa collection d'objets d'art et d'artisanat africains, qu'elle présentait comme un « petit musée africain ».
La collection comprend 53 pièces provenant principalement du Gabon, mais aussi du Nigeria et de la Côte d'Ivoire. Les autorités de ces trois pays ont exprimé leur intérêt pour le retour de ces biens sur leur territoire. Le Gabon est concerné par 33 objets, tandis que 13 sont attribués au Nigeria et sept à la Côte d'Ivoire.
La décision municipale s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la circulation des biens culturels africains conservés en Europe et sur les demandes de restitution formulées par plusieurs États du continent. En renonçant au legs, la municipalité bordelaise évite l'intégration de ces objets dans les collections publiques françaises, ce qui aurait pu compliquer leur transfert futur.
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Les élus ont également accordé un délai supplémentaire de deux ans à quatre autres pays africains, le Burkina Faso, le Niger, la République démocratique du Congo et le Togo, afin qu'ils puissent faire connaître leur position concernant plusieurs objets et un ensemble de bijoux et accessoires touaregs également inclus dans la donation.
Ancien port majeur du commerce triangulaire, Bordeaux est régulièrement associée aux débats sur la mémoire coloniale et la restitution du patrimoine culturel africain. La décision prise par la municipalité s'inscrit ainsi dans une dynamique plus large de coopération patrimoniale entre la France et plusieurs États africains.