Congo-Kinshasa: Les États-Unis sanctionnent un dirigeant de l'AFC/M23 et un commandant des FDLR

Le 2 mars, Washington avait sanctionné l'armée rwandaise et quatre de ses hauts responsables pour leur soutien à l'AFC/M23 dans l'est de la RDC. Trois mois plus tard, de nouvelles sanctions tombent. Cette fois contre deux individus : un dirigeant du renseignement de l'AFC/M23 et un commandant des FDLR. Les deux mouvements avaient déjà été sanctionnés en tant qu'organisations. Ces nouvelles mesures visent leurs structures de commandement.

Pour comprendre ces nouvelles sanctions, il faut écouter le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Il avance deux arguments : ces groupes armés aggravent la crise humanitaire, et ils menacent les intérêts américains dans la région.

Les États-Unis lorgnent sur le site minier de Rubaya, dans le cadre des accords de Washington conclus avec Kinshasa. Rubaya est une importante zone de production de tantale que Washington classe parmi ses minerais critiques. Des combats ont opposé ces dernières semaines Kinshasa et l'AFC/M23 autour de ce site, Kinshasa tentant de le récupérer. Washington estime que le contrôle de la zone par l'AFC/M23 accroît les risques de contrebande.

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Les deux personnes sanctionnées ont été choisies pour des raisons précises. John Imani Nzenze est le chef du renseignement de l'AFC/M23. Il est considéré comme l'un des plus proches collaborateurs de Sultani Makenga, commandant militaire en chef du mouvement.

Gustave Kubwayo, connu sous le nom de « Colonel Sirkoof », commande le Commando de recherche et d'action en profondeur, une unité de renseignement des FDLR.

Ces sanctions envoient aussi un message à Kinshasa et Kigali. Washington attend de la RDC qu'elle neutralise les FDLR. Les États-Unis notent que ce groupe a sollicité le soutien de milices congolaises et d'unités de l'armée congolaise au Nord-Kivu, malgré l'interdiction de toute coopération avec les FDLR décrétée par le gouvernement congolais lui-même.

Lorsque l'on regarde la politique américaine des sanctions contre les différents groupes rebelles ou bien contre les personnalités dans le monde, pas qu'au Congo, on se rend bien compte que ces sanctions ne sont pas forcéement suivies d'effets sur le terrain.

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