Trois ministres étaient réunis dans le désert algérien de la Wilaya d'Adrar ce jeudi 4 juin. Les ministres des hydrocarbures de l'Algérie, du Niger et du Nigeria ont officiellement lancé les travaux du projet de gazoduc transsaharien. Un gazoduc de plus de 4 000 km qui doit permettre l'exportation du gaz nigérian vers l'Europe en passant par le Niger et l'Algérie. Ce projet est dans les cartons depuis plus de 20 ans et semble bénéficier de la crise pétrolière actuelle, même si beaucoup de questions restent encore en suspens.
La première interrogation porte sur le coût de ce projet de gazoduc transsaharien. Initialement évalué à 13 milliards de dollars en 2006, il avait été revu à la hausse lors d'une première actualisation en 2014 à près de 20 milliards de dollars. La validation de l'étude de faisabilité du projet qui a précédé le lancement des travaux en Algérie devait confirmer l'estimation du coût du projet, mais ses conclusions n'ont pas été rendues publiques.
La question du financement reste entière, d'après un fin connaisseur du dossier. Notamment en ce qui concerne une éventuelle participation des Européens. Si certains observateurs y voient une avancée concrète, d'autres sont plus tempérés et parlent « d'affichage politique » : la volonté de formaliser le réchauffement diplomatique entre Alger et Niamey. Un signal fort également face au projet de gazoduc marocain concurrent.
On ne sait pas non plus si la question du raccordement au gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano côté nigérian a été tranchée.
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Outre les priorités parfois divergentes de ces trois pays, reste l'incertitude, selon une source, de l'état réel des réserves de gaz du Nigeria (plus de 5 000 milliards de m³ assure Abuja) et de ses capacités à court terme de les exploiter.
