Tunisie: Galerie Le Violon Bleu - Le récit de Sadok Gmach

Il s'agit là d'une série à la frange de l'abstrait, colorée, structurée, architecturale, conservant en trame la mémoire de silhouettes figuratives, série réalisée en 1969-1970, lors d'un séjour de l'artiste à Paris.

C'est en nettoyant l'atelier de leur père, et en se proposant de jeter un vieux rouleau de toile poussiéreux que Nooman Gmach et sa soeur découvrirent ce qui constitue probablement les pépites de l'exposition Sadok Gmach présentée par la galerie le Violon Bleu à Sidi Bou Saïd.

Il s'agit là d'une série à la frange de l'abstrait, colorée, structurée, architecturale, conservant en trame la mémoire de silhouettes figuratives, série réalisée en 1969-1970, lors d'un séjour de l'artiste à Paris. Cette exposition, consacrée à un peintre qui occupa une belle place dans l'histoire de la peinture contemporaine, mais fut quelque peu oublié, a le mérite de retracer le récit d'un artiste voyageur dont on découvre qu'il fut au coeur de différents mouvements esthétiques, dans son pays, mais aussi en France, en Allemagne... Sadok Gmach fonda le groupe des six, première dissidence s'opposant à l'hégémonie de l'Ecole de Tunis.

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Il y côtoya Nejib Belkhoja, Nja Mahdaoui, Naceur ben Cheikh, Lotfi Larnaout ou Ridha Bettaïeb, tous associés à cette mouvance. A Paris, durant un séjour de deux années, il épura ses formes, aplanit ses surfaces et illumina sa palette. A Berlin, plus tard, il se laisse emporter par la vague pop et accède à une dimension sociale et engagée.

Un et multiple, Sadok Gmach est à la fois témoin silencieux et acteur engagé, ancré dans sa tunisianité et sensible aux courants artistiques internationaux. Ce qui pourrait expliquer peut-être qu'on a, quelquefois, perdu sa trace. C'est donc un très bel hommage qui lui est rendu dans cette exposition qui retrace les multiples tentations d'un artiste curieux dont Mohamed Aziza disait : « A la boulimique curiosité du peintre témoin, rien n'est indifférent. »

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