Congo-Kinshasa: «Plusieurs villes ont répondu à l'appel contre le changement de la Constitution», assure une coalition d'opposition

Sortie officielle de la Coalition Article 64

Les membres de la Coalition Article 64 (C64), qui s'opposent à la modification de la Constitution en RDC portée par la majorité politique, ont assuré ce 4 juin 2026 à Kinshasa que leur appel à une opération « ville morte » n'avait pas été suivi que dans la capitale, la veille. L'opposant Delly Sesanga, l'un des membres du C64, a par ailleurs annoncé le dépôt d'une plainte contre le chef de l'État « et ses complices pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel », en référence à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi.

Après l'opération « ville morte » qu'elle juge « très réussie » dans la capitale de RDC le 3 juin dernier, l'opposition congolaise réunie au sein de la Coalition Article 64 (C64) poursuit son combat contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution, sur fond de craintes d'un éventuel troisième mandat pour le président du pays, Félix Tshisekedi.

La riposte s'annonce à la fois politique, populaire et judiciaire. Le C64 annonce en effet le dépôt d'une plainte contre le chef de l'État pour ce qu'il qualifie de « haute trahison » et de tentative de « coup d'État contre la Constitution ».

« Un sit-in sur l'esplanade du Palais du Peuple »

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« Nous sommes agréablement surpris de voir que l'opération ville morte que nous avons demandée a tourné à l'opération pays mort, s'est félicité Delly Sesanga, au micro de notre correspondant à Kinshasa Pascal Mulegwa, à l'issue d'une réunion avec d'autres figures de l'opposition, notamment Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund. Plusieurs villes de l'intérieur du pays ont répondu spontanément à cet appel du C64 contre le changement de la Constitution ».

Il poursuit : « Le C64 va déposer une plainte contre Monsieur Tshisekedi et ses complices pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel établi dans notre pays, parce que ceci est un crime imprescriptible contre la Nation, un crime de haute trahison contre le pays, une forfaiture contre son propre serment constitutionnel. Cette plainte sera déposée le 12 juin. »

Delly Sesanga conclut : « Nous en appelons à la grande mobilisation pour le sit-in sur l'esplanade du Palais du Peuple, tous comme un seul homme, pour faire barrage à cette tentative de confisquer le pouvoir dans notre pays. »

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux mandats présidentiels. L'actuel président a déclaré début mai qu'il accepterait un troisième mandat « si le peuple (le) souhaite », à l'issue d'un référendum.

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