Algérie: L'opposition dénonce l'exclusion massive de ses candidats aux législatives

En Algérie, depuis plusieurs jours, des partis politiques de l'opposition ainsi que des indépendants dénoncent l'exclusion massive de leurs candidats aux élections parlementaires prévues le 2 juillet 2026. Ces partis sont en colère contre une réforme de la loi électorale, et plus particulièrement l'article 200, désigné comme responsable de l'élimination de centaines de leurs candidats.

Très restrictif, cet article limite par exemple à deux le nombre de mandats parlementaires consécutifs ou séparés.

L'Autorité nationale indépendante des élections (Anie) en Algérie a examiné 788 dossiers enregistrés, regroupant un total de 10 168 candidats.

Le nombre de listes admises se limite à 77, selon l'Anie, qui indique que 680 listes de candidats ont été examinées et demeurent en attente des résultats des recours.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Les tribunaux administratifs à Alger sont, depuis le 31 mai, au lendemain de l'annonce des listes retenues, bondés d'avocats, qui défendent les dossiers invalidés. Ces avocats de l'opposition ont appelé la justice à contraindre l'Anie à fournir des preuves de la suspicion de « corruption » sur laquelle elle se fonde pour exclure ces candidats. Ils protestent contre un « glissement très dangereux qui affecte le processus électoral », comme le note le Front des forces socialistes (FMS). D'autres partis de l'opposition dénoncent, eux, « une décapitation de leur staff ».

« Machine à écraser »

L'application de l'article 200 de la loi électorale est au coeur des critiques formulées par les opposants : l'Anie s'est régulièrement appuyée dessus dans ses décisions de rejet des candidatures. Cet article s'est transformé, estime le parti des Travailleurs, en une « machine à écraser » qui affecte les droits constitutionnels des candidats, sans faire l'objet d'une poursuite judiciaire.

Zoheir Rouis, vice-président du parti Jil Jadi, juge : « Au-delà du rejet de la candidature, ce qui est plus grave, c'est de jeter l'opprobre sur des femmes et des hommes qui sont des responsables politiques, en faisant croire à l'opinion politique qu'ils seraient liés à l'argent sale. Et ça, c'est une condamnation qui est grave. C'est une diffamation en réalité, qui est aggravée par le fait que, lorsque nous allons au tribunal administratif pour déposer un recours sur les notifications de rejet de l'Anie, le représentant de cette instance n'apporte aucun élément de preuve qui permet de comprendre la raison du rejet. Et le tribunal se contente de rejeter le recours que nous avons introduit en indiquant qu'il n'est pas opportun. »

Jil Jadid fera appel de ces décisions sur les candidats rejetés par le tribunal administratif. Les cinq partis de l'opposition regrettent que l'Anie « n'a pas autorité sur l'administration ». La loi électorale de 2026 a en effet enlevé des prérogatives à cette instance pour les accorder au ministère de l'Intérieur sur tout ce qui est relatif à l'organisation du scrutin.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.