Quatre jours après des législatives qui permettront notamment de désigner le chef du gouvernement éthiopien, une coalition de l'opposition demande à ses candidats de refuser les résultats à venir de ces élections. « Nous avons été témoins, pendant et après les élections, d'irrégularités généralisées », a affirmé la secrétaire générale d'un des partis membres de l'Unité de l'Éthiopie.
L'Éthiopie est dans l'attente des résultats des législatives, quatre jours après le vote. Alors même qu'ils ne sont pas encore publiés, la coalition pour l'Unité de l'Éthiopie - qui réunit quatre partis d'opposition - et est la troisième formation politique, demande à ses candidats de refuser les résultats des élections.
MistreSilasie Tamerat, secrétaire générale du Parti révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRP), membre de l'Unité de l'Éthiopie, lance : « Nous demandons à nos candidats de ne revendiquer aucune victoire au nom de notre coalition. Nous n'accepterons aucun siège au Parlement ou dans les conseils régionaux. Si un candidat revendique une victoire, nous ne la reconnaitrons pas. »
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« Les résultats des élections étaient déjà connus avant même le début du processus »
Elle assène : « Nous affirmons depuis longtemps que les résultats des élections étaient déjà connus avant même le début du processus électoral, l'année dernière. Nous avons été témoins, pendant et après les élections, d'irrégularités généralisées. À notre avis, et d'une manière générale, cela ne contribue pas à l'édification de la démocratie. Ces pratiques alimentent la crise, l'instabilité et poussent le pays davantage vers la violence. Nous y étions, nous l'avons vu de nos propres yeux. Les gens votaient uniquement, par peur sous la menace, ils étaient obligés de voter pour le Parti de la prospérité, au pouvoir. »
Les électeurs éthiopiens étaient appelés aux urnes, lundi 1er juin, pour élire leurs députés qui désigneront, à leur tour, le futur Premier ministre du pays, poste auquel le chef du gouvernement sortant, Abiy Ahmed, au pouvoir depuis 2018, espère bien être reconduit avec son Parti de la prospérité.
Après de premières années de pouvoir porteuses d'espoirs d'ouverture et un prix Nobel de la paix en 2019, Abiy Ahmed, chef de l'exécutif depuis 2018, est de plus en plus critiqué à l'étranger pour son autoritarisme et sa répression des voix dissidentes.