Dakar a accueilli, mercredi 4 juin, le Forum régional post-CSW70, une rencontre organisée conjointement par le bureau régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre et le réseau Femme Droit et Développement en Afrique – Afrique de l'Ouest ( WiLDAF -AO), acteur majeur de la promotion et de la défense des droits des femmes dans la région.
Cette rencontre s'est inscrite dans le prolongement de la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), tenue en mars 2026 à New York. L'événement a marqué un tournant dans l'histoire de cette instance onusienne avec le retour du vote entre États membres, une procédure qui n'avait plus été utilisée depuis sept décennies. Jusqu'alors, les décisions étaient généralement adoptées par consensus, mais les divergences de positions ont cette fois rendu cette approche impossible.
Placée sous le thème « Garantir et renforcer l'accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice », la session a mis en lumière les inégalités persistantes en matière de droits. Selon les données présentées, les femmes ne bénéficient encore que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes.
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Les négociations ont été particulièrement animées. Une motion de non-décision a notamment entraîné le rejet d'une proposition américaine visant à définir la notion de genre. Par ailleurs, l'adoption d'une résolution consacrée aux femmes et aux filles affectées par le VIH a nécessité un vote formel, illustrant les profondes divergences qui ont marqué les discussions.
Une coopération à tous les niveaux
Particulièrement préoccupé par la situation des femmes dans la région, le bureau d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre rappelle que 65 % des femmes en Afrique centrale et 40 % en Afrique de l'Ouest sont confrontées à des formes de violence.
C'est dans ce contexte qu'a été organisée la « Levée de l'amitié », un rassemblement régional destiné à traduire en actions concrètes les priorités définies lors de la CSW70 à New York.
Les travaux ont été dirigés par la Dre Temaizian Aline Napon, représentante d'ONU Femmes au Niger. En ouverture, elle a alerté sur la dégradation de la situation des femmes et des filles, marquée selon elle par une montée des courants conservateurs. Elle a souligné que les votes intervenus lors de la CSW70 démontrent que les acquis en matière d'égalité des genres demeurent fragiles et ne peuvent être considérés comme définitivement acquis.
Même constat pour le directeur régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, le Dr Maxime Houinato. Pour lui, les défis actuels exigent une mobilisation collective associant États, organisations de la société civile, secteur privé et partenaires au développement.
Sur ce point, les participants se sont accordés sur une logique. Il s'agit de l'amélioration de l'accès à la justice pour les femmes et les filles qui ne pourra être obtenue qu'à travers une coopération renforcée entre les différents acteurs concernés.
Dans la même dynamique, Antoinette Yawavi Mbrou, coordinatrice de WiLDAF -AO, a qualifié cette rencontre de « moment décisif », dans un contexte marqué à la fois par les contraintes budgétaires et la recrudescence des violences. Elle a rappelé que les femmes les plus vulnérables, notamment celles vivant en milieu rural, sont les premières à subir les conséquences de cette situation.
Le forum a réuni chercheurs, représentants de la société civile, responsables politiques et acteurs du secteur privé autour de plusieurs panels de discussion. Les échanges ont notamment mis en avant le rôle des médias dans la sensibilisation de l'opinion publique ainsi que celui des entreprises dans la prévention du harcèlement et des violences fondées sur le genre.
À l'issue des travaux, les contributions des différents participants devraient alimenter l'élaboration d'un document régional inédit, le « Coalition Action Brief », destiné à servir de feuille de route pour la mise en œuvre d'actions concrètes en faveur du renforcement des droits et de l'accès à la justice pour les femmes et les filles.