Le Pdg de la mégabanque Coris Bank International, Idrissa Nassa annonce la construction d'un siège social à Libreville, à l'issue d'une audience avec le Chef de l'État Brice Oligui Nguema. Un tournant stratégique dans la montée en puissance d'un groupe bancaire panafricain qui booste les économies du continent.
L'audience accordée le 5 juin 2026 par le président gabonais au PDG du Groupe Coris Bank, Idrissa Nassa, n'est pas un simple rendez-vous protocolaire. Elle marque une inflexion stratégique dans l'évolution du paysage bancaire gabonais, désormais traversé par une montée en puissance assumée des groupes financiers africains.
Idrissa Nassa, l'architecte d'un capitalisme africain en mouvement
À la tête d'une délégation d'investisseurs burkinabè, Idrissa Nassa a présenté au chef de l'État "une série d'opportunités d'investissement couvrant le logement social, l'agriculture, l'élevage et les services financiers" glisse à Confidentiel Afrique, une source proche de la présidence gabonaise qui explique que "la cohérence des objectifs de l'État gabonais avec la philosophie du patron de Coris. Nous voulons ancrer durablement les capitaux africains dans les économies africaines, en privilégiant les secteurs productifs et les projets structurants."
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La solidité financière du groupe panafricain Coris Bank se confirme à travers une trajectoire de croissance robuste et une gestion rigoureuse de ses indicateurs de performance, consolidée par les très bons résultats de ses filiales et de sa maison-mère à la BRVM. Reflet de cette dynamique, Coris Bank International adossée sur une excellente santé financière et la qualité de son profil de crédit du groupe sont d'ailleurs régulièrement saluées par les agences de notation comme Bloomfield Investment Corporation, qui réaffirme de manière constante ses excellentes notes de AA (long terme) et A1 (court terme) avec une perspective stable, témoignant d'une position de leader résiliente face aux chocs macroéconomiques régionaux.
Un secteur bancaire gabonais en recomposition
Longtemps dominé par les filiales de groupes européens et marocains, le système bancaire gabonais connaît depuis une décennie une transformation profonde. L'arrivée de Coris Bank s'inscrit dans cette dynamique où les acteurs panafricains gagnent du terrain, profitant du retrait progressif de certains établissements internationaux- un phénomène déjà observé au Tchad et dans plusieurs pays d'Afrique centrale.
Le Gabon, avec son revenu par habitant parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne et sa stratégie de diversification hors pétrole, attire naturellement ces nouveaux investisseurs africains en quête de marchés solides et solvables.
Le président Brice Oligui Nguema a rappelé les attentes du gouvernement qui portent avant tout sur un financement massif du logement, un soutien accru aux activités productives et une meilleure couverture bancaire dans l'intérieur du pays pour renforcer l'inclusion financière. Autant de chantiers où Coris Bank, forte de son expertise dans le financement des PME et des projets structurants, apparaît comme un partenaire naturel.
Un siège social à Libreville, symbole de puissance et d'ancrage
Le Groupe Coris Bank International a annoncé la construction prochaine de son siège social à Libreville, signe tangible de son ambition de s'inscrire dans la durée et de participer activement à la transformation économique du pays.
Le paysage bancaire gabonais, caractérisé par une forte concentration, s'articule autour de 8 établissements de crédit en activité, le marché restant largement dominé par BGFIBank, leader national et sous-régional, aux côtés d'autres acteurs majeurs tels que l'Union Gabonaise de Banque (UGB) et AFG Bank. En matière de réglementation, le secteur fait face à un tournant structurel majeur : la COBAC (Commission Bancaire de l'Afrique Centrale) a récemment décidé de porter le capital social minimum des banques de 10 à 25 milliards de FCFA, obligeant les principales institutions à d'importantes manoeuvres de recapitalisation pour renforcer leur solidité financière.
Le niveau de financement de l'économie se densifie avec un volume global des crédits distribués qui avoisine les 2 300 milliards de FCFA (portant le total du bilan agrégé du secteur au-delà des 4 500 milliards de FCFA). Cette offre de crédit s'oriente massivement vers le secteur privé, qui absorbe 78 % des financements bancaires, notamment au profit des secteurs de l'énergie, de l'agriculture et des industries extractives.
Enfin, sur le plan de l'inclusion financière, le Gabon affiche un taux de bancarisation d'environ 30 %, un niveau qui se situe nettement au-dessus de la moyenne d'Afrique subsaharienne, reflétant une dynamique de modernisation constante malgré un contexte monétaire sous-régional rigoureux. Au-delà de la seule dimension bancaire, la visite de la délégation burkinabè illustre une tendance lourde : la consolidation des partenariats Sud-Sud, où les capitaux africains prennent progressivement la place laissée vacante par les acteurs extra-continentaux.
Le burkinabè drissa Nassa, par son influence et sa vision, incarne cette nouvelle génération de bâtisseurs financiers africains qui redessinent les équilibres économiques du continent.