Ile Maurice: L'angoisse des parents d'enfants atteints de TDAH refait surface

L'inquiétude est de retour chez de nombreux parents d'enfants suivis pour un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Depuis quelques jours, plusieurs familles rapportent une nouvelle rupture de stock de Ritaline à l'hôpital Brown-Séquard, à Beau-Bassin, principal établissement public où ce traitement est prescrit et dispensé.

Le mardi 2 juin, les parents qui se sont rendus à leur rendez-vous médical n'ont pas pu obtenir le médicament pour leurs enfants. Une situation qui suscite incompréhension et colère, alors que le pays a déjà connu des difficultés d'approvisionnement similaires par le passé. «Il n'y a même pas d'ordonnance pour des traitements de substitution. Les médecins nous disent de remplacer la Ritaline par des séances d'ergothérapie dans le secteur public. Ce n'est pas acceptable», s'insurge un parent. D'autres dénoncent l'absence de solutions immédiates face à une situation qui affecte directement le quotidien de leurs enfants.

La Ritaline joue un rôle essentiel dans la prise en charge du TDAH. Elle permet notamment d'améliorer la concentration, de réduire l'impulsivité, et d'aider les enfants à mieux gérer leurs activités scolaires et sociales. Pour de nombreuses familles, une interruption du traitement peut entraîner des conséquences importantes sur l'apprentissage et le comportement.

Certains parents s'interrogent sur les démarches entreprises par les autorités pour gérer la pénurie. Plusieurs estiment que Maurice devrait explorer davantage les possibilités d'approvisionnement auprès de pays voisins, notamment La Réunion, où le médicament est disponible.

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Au ministère de la Santé, on assure toutefois que des mesures sont déjà en cours afin de remédier à la situation. Selon une source proche du dossier, les pharmaciens du ministère ont reçu l'autorisation nécessaire pour entreprendre les démarches permettant d'obtenir un nouveau stock dans les plus brefs délais. «Nous ne recevrons peut-être pas une grande quantité, mais suffisamment pour couvrir un ou deux mois, le temps que la commande officielle passée auprès de notre fournisseur soit livrée», explique notre interlocuteur.

Alternative générique et blocages d'importation

Parallèlement, les autorités travaillent sur une alternative qui pourrait offrir davantage de flexibilité aux patients. Après consultation avec les psychiatres du ministère, une décision a été prise d'importer une version à libération prolongée du médicament, communément appelée sustained release. Cette formule présente plusieurs avantages.

Alors que les enfants sous Ritaline classique doivent généralement prendre trois doses par jour et éviter toute prise après 16 heures afin que leur sommeil ne soit pas perturbé, la version à libération prolongée permettrait de réduire la fréquence des prises tout en maintenant les effets thérapeutiques durant la journée. «Ce sera plus confortable pour les enfants et leurs familles. En plus, moins de comprimés seront nécessaires pour assurer le même suivi», souligne notre source.

Le ministère explore également la piste indienne mais, l'importation du médicament depuis la Grande péninsule se heurte à plusieurs obstacles administratifs, notamment en ce qui concerne les autorisations d'importation et d'exportation. De plus, après consultation des spécialistes, une préférence continue d'être accordée au produit original plutôt qu'aux versions génériques.

En attendant le rétablissement des stocks, les familles concernées espèrent surtout une solution rapide. Pour elles, il ne s'agit pas d'un simple médicament manquant dans les pharmacies hospitalières, mais d'un traitement indispensable à des centaines d'enfants.

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