Sud-Soudan: La spirale des violences à Jonglei provoque un exode massif

5 Juin 2026

La recrudescence de l'insécurité et l'augmentation des déplacements de population dans l'État de Jonglei, dans l'est du Soudan du Sud, exposent des milliers de personnes à un grave danger, a alerté vendredi l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon le HCR, des mois de combats et d'insécurité ont contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers, provoquant l'une des plus graves crises de déplacement liées à un conflit de ces dernières années.

Le comté d'Akobo, épicentre des violences, est le plus durement touché. Environ 140.000 personnes ont été déplacées rien que dans ce comté, tandis que plus de 300.000 ont été déracinées dans tout le Jonglei et les États voisins depuis décembre dernier.

MINUSS Des femmes et des enfants à Poktap, une zone touchée par le conflit dans l'État de Jonglei, au Soudan du Sud. Graves violences sexuelles liées au conflit

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Environ 100.000 personnes ont fui vers l'Éthiopie voisine en quête de sécurité, les mouvements de population restant fluctuants et pendulaires.

Cette crise s'accompagne de lourdes conséquences humaines et sociales pour les communautés affectées. « Des enfants ont été traumatisés après avoir été témoins du conflit, tandis que d'autres ont été séparés de leur famille », a déclaré depuis Djouba, Matthew Brook, représentant du HCR au Soudan du Sud, lors d'un point de presse régulier de l'ONU à Genève.

Parallèlement, de nombreux témoignages font état de femmes ayant subi de graves violences sexuelles liées au conflit.

Par ailleurs, des milliers de personnes sont rentrées chez elles ces dernières semaines malgré l'insécurité persistante, les services limités et les besoins humanitaires criants. Les équipes du HCR sur le terrain ont été témoins de l'évolution de la situation d'urgence.

Des familles fragilisées par des déplacements incessants

« De nombreuses familles rentrent chez elles pour découvrir que leurs maisons ont été détruites ou pillées, ce qui les oblige à s'entasser dans des bâtiments inachevés et des abris de fortune faits de bâtons et de bâches en plastique », a ajouté M. Brook.

Une situation qui complique également la réponse humanitaire sur le terrain. Les restrictions de l'accès dans plusieurs localités ont privé les plus vulnérables d'une aide vitale, aggravant encore la crise.

Beaucoup ont épuisé leurs ressources après avoir fait des allers-retours répétés entre le Soudan du Sud et l'Éthiopie à la recherche de sécurité. « Pour certains, le retour à Akobo ne signifie pas que les conditions de retour sont idéales, mais reflète plutôt le peu d'options qui leur restent », a fait valoir le responsable du HCR.

Au-delà de ces difficultés immédiates, cette situation s'inscrit dans une crise de déplacement plus large qui touche le pays depuis son indépendance en 2011.

Des besoins croissants, des financements insuffisants

Quelque 2,4 millions de réfugiés sud-soudanais sont toujours hébergés dans la région, tandis que près de 2 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays.

Le Soudan du Sud subit également les conséquences de la guerre qui sévit au Soudan voisin, avec plus de 1,3 million de personnes ayant franchi la frontière depuis avril 2023, parmi lesquelles des rapatriés, des réfugiés et des demandeurs d'asile.

Un afflux qui met davantage à l'épreuve les capacités de réponse humanitaire. Mais les financements peinent à suivre l'ampleur des besoins.

Sur l'appel de fonds de 286 millions de dollars, le HCR n'a reçu que 25 % du financement. Or « sans aide immédiate, des milliers de familles qui ont fui les violences risquent d'affronter la saison des pluies sans abri sûr, sans services de base et sans la protection dont elles ont besoin pour survivre », a mis en garde l'agence onusienne.

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