Afrique: La mémoire collective comme instrument d'intégration africaine

Une délégation de l'Union parlementaire africaine (Upa), en visite sur l'île de Gorée, vendredi 5 juin, a appelé les Africains à s'approprier un peu plus leur histoire liée à l'esclavage afin de favoriser l'intégration africaine

L'esclavage, bien qu'appartenant au passé douloureux de l'Afrique, peut être le creuset d'une mémoire collective continentale pour garantir l'intégration africaine, estiment les membres de la délégation de l'Union parlementaire africaine (Upa) en visite sur l'île de Gorée, vendredi 5 juin. Ce souvenir symbolise, selon eux, un espoir de renouveau pour notre continent, d'après Bénédicte Bayoulou, députée de l'Assemblée législative burkinabè : « La Maison des Esclaves est un endroit de pèlerinage pour tout citoyen africain, car il est important de se remémorer notre passé.

Notre responsabilité est de veiller à perpétuer ce souvenir pour lutter contre l'aliénation culturelle et aller vers la souveraineté africaine », a-t-elle déclaré. Elle a salué les retombées de cette 85e session de l'Upa qui, d'après elle, a permis d'obtenir des avancées dans les domaines de la coopération parlementaire, de la souveraineté nationale et du renforcement des alliances entre les différents pays membres.

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Pour Mamadou Sèye, président délégué de l'Upa/Sénégal, le rappel du souvenir de l'esclavage qu'ont connu de nombreux pays africains peut servir de ciment pour réhabiliter notre continent face aux enjeux mondiaux. « Pendant 300 ans, l'Afrique a été exploitée et dépouillée de ses ressources financières, minières et naturelles, suivi de 100 ans de colonisation. Cette situation a occasionné le retard de notre continent. On peut pardonner, mais on ne peut pas oublier », a-t-il dit. « C'est pourquoi, avec l'Upa, nous devons réfléchir ensemble pour trouver des solutions », a-t-il ajouté.

L'organisation compte soumettre des propositions de réformes et des recommandations aux pays africains pour assurer le renouveau de notre continent. « Nous voulons que les pouvoirs exécutifs, les gouvernements des pays africains, puissent solutionner beaucoup de problématiques comme la sécurité, le terrorisme, la santé ou l'éducation. Nous pouvons retenir que les réformes au niveau des pays africains sont capitales pour assurer l'essor de l'Afrique », a-t-il conclu.

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